Matthieu 13, 1-9

24 juillet 2013

Pour prêcher, Jésus est assis dans une barque qui flotte sur le lac. Il s’adresse à la foule qui est sur le rivage, les pieds sur terre. Entre Lui et la multitude une distance… mais sa voix porte. Le Christ ne fait pas la morale. Il raconte une sorte d’histoire que tout le monde peut comprendre car elle rejoint, dans sa symbolique, l’expérience que chacun porte en lui-même. Jésus ne dit pas « ce qu’il faut faire » mais il appelle chacun à réfléchir et à discerner ce qu’il peut en « tirer » pour lui-même et dans la relation avec ses semblables. Chaque culture a ses « paraboles ». Chaque baptisé sait les raconter pour que ses interlocuteurs réfléchissent.

13 juillet 2014

A nous que le Seigneur a enseigné d’une manière ou d’une autre, à nous qui avons choisi de vivre tant bien que mal notre baptême, à nous qui avons décidé d’être chrétiens confessants, à nous il est donné de connaître suffisamment les mystères du Royaume des Cieux pour qu’avec nos mots, notre culture et nos actions, nous manifestions devant tous que le Semeur nous a ensemencés. Ce qui produit du fruit en nous ne nous appartient pas. Nous sommes des « fermiers » et nous avons à rendre des comptes à tous les humains que le Christ a rendu « régisseurs » par son Incarnation.

20 juillet 2016

Assis dans une barque au bord de la mer, Jésus enseigne une foule nombreuse qui se tenait sur le rivage. Ce n’est bien sur qu’un détail minime, mais c’est aussi tout une parabole en acte. Pour bien enseigner, il faut être assez proche, à portée de voix, mais il est aussi bon d’être un brin à distance pour ne pas envoûter ses disciples. Il faut laisser un « écart » pour que l’auditoire puisse réfléchir par lui même et garder une liberté éclairée et critique. Le témoignage de compassion est d’une autre nature, il suppose l’extrême proximité. Dans son Incarnation, Jésus exerce les deux aspects d’une présence unique.

26 juillet 2017

Le semeur est sorti pour semer et, de son mieux, il sème. En lui, aucune certitude sur la moisson : tant de choses peuvent se passer ! Imperturbable, il sème… Au risque de gaspiller, il sème en abondance car, réaliste, il sait qu’il y aura des avatars. Alors, il sème largement. Qu’importe la canicule, les moineaux avides, les pierres stériles, les épines étouffantes, lui, il est sorti pour semer ! Alors, il sème. La germination, la croissance, la moisson dans et sur les bonnes terres, soutiennent son espérance et son courage. Alors, il ne pleure pas sa peine. Pour le moment, il s’applique à semer.

24 juillet 2019

Le semeur sème tant qu’il y a du blé. Il jette le grain à profusion. « Ça tombe où ça tombe ». Les oiseaux voraces… Il n’y a pas d’épouvantail. Les pierres… Il y en a trop. Les ronces… Il avait pourtant bien labouré, Mais elles poussent trop vite… Le semeur sème, accueille qui voudra et se sera préparé à accueillir. Quant à la bonne terre… La semence produit selon les parcelles où elle tombe… Elle produit selon les capacités. C’est bien ! Chacun donne autant qu’il peut !

21 juillet 2021

Pour entendre, il faut vouloir écouter et chercher à comprendre, seul ou avec d’autres. La « bonne » parabole ne vieillit pas. Son message traverse le temps. Son coté « historiette » la grave aussi bien dans la mémoire que dans le cœur. Son interprétation ne demande pas une haute capacité intellectuelle ; le bon sens suffit. La parabole relève de l’art de conter, en employant des mots de tous les jours. Sa portée spirituelle ne se ride pas. Même au temps de la mécanique agricole la plus évoluée, la parabole du semeur est toujours spirituellement audible. Quand je relis les sermons de Jean-Marie Vianney, curé d’Ars au XIXème siècle, je comprends que l’art de la parabole est réservé au cœur simple et aimant.

Discours parabolique

24 juillet 2013