Marc 6, 14-29

9 août 2012

Parfois la vie prend au dépourvu. On a besoin d’un conseil pour éclairer et fortifier sa liberté. En demandant à sa mère pleine de rancune envers Jean Baptiste, la fille d’Hérodiade n’a pas su faire un bon choix. Dialogue de ténèbres, dialogue de Lumière : qualité de la décision !

8 février 2013

Les plâtriers de mensonges considèrent la vérité comme un danger pour eux. Ils jugent qu’il faut éliminer ou discréditer ceux par qui elle peut venir « au jour ». Le Baptiste et presque tous les vrais prophètes en font les frais. Un complot contre la Vérité mit Jésus en croix. Les baptisés, corps du Christ, sont en principe des « artisans » de vérité. Leur témoignage est risqué. C’est pour eux un grand combat et une belle offrande.

29 août 2013

Hérodiade en voulait à Jean parce qu’il disait la vérité comme il savait la dire : sans finasser. Jean le Baptiste n’était pas un diplomate. Il parlait cru et vrai. Il ne mâchait pas ses mots. Le roi ou le peuple pouvait comprendre ou entendre. Hérode, plus ou moins superstitieux, avait peur de Jean et le redoutait parce qu’il parlait juste et vrai. Hérodiade, cauteleuse et haineuse, cherche à nuire au Baptiste. Dans sa perversité, elle se sert de sa fille et de son charme pour parvenir à ses fins. Quel bel enseignement sur les sentiments troubles qui nous habitent et que, parfois, nous mettons en œuvre ! Ce tableau tragique nous scrute jusque dans les recoins de notre conscience.

7 février 2014

La mission de Jean Baptiste et la liberté de ses paroles de vérité se heurtent à la haine de l’épouse, à la séduction de la fille, au point d’honneur du roi. Cette « fausse monnaie » de la relation décapite le prophétisme. Jean-Baptiste paye cher de dire « tout haut » la vraie règle d’amour. Le monde est ainsi fait. Les prophètes dérangent, ils sont ordinairement malmenés.

29 août 2014

Hérode aimait entendre Jean le Baptiste, mais la parole du prophète l’embarrassait. Curieux personnage que ce tétrarque de Galilée qui mettait en prison celui qu’il jugeait juste et saint. Il voyait et jugeait droit, mais il agissait « tordu ». De plus, il se laissait guider par les émotions de la séduction et les outrances de ses points d’honneur. Bref, Hérode est la caricature de l’homme omnipotent divisé en lui-même. Parce qu’il n’unifie pas sa vie, il délire et tue le prophète pour rester fidèle à ses propos sans mesure. Tragique avertissement pour nous qui vivons vingt siècles après lui !

6 février 2015

Jean le Baptiste, dévoré par l’amour de Dieu et de son peuple, prophète inlassable, s’adresse aussi bien aux puissants qu’aux ‘petits’ du Royaume. Dire la vérité et encore plus en vivre, attire souvent la mauvaise humeur, voire la haine, de ceux et de celles qui se sentent visés. Au lieu de s’amender et de changer de vie, ils se déchainent et déploient la vengeance. Ainsi meurent accablés sous leurs coups, les prophètes du Seigneur.

29 août 2015

Mettre en prison quelqu’un, l’enchainer pour le priver de liberté et le faire taire ou tout au moins qu’on ne l’entende plus dire la vérité : quelle horreur ! Jean le Baptiste disait juste et vrai aux puissants, comme il avait dit juste et vrai aux foules qui étaient venues près du Jourdain pour le Baptême de Pénitence et de Conversion. Dire juste et vrai à tous prépare la venue du Christ. Jean le Baptiste, le Précurseur, préparait la voie au Seigneur Jésus, la Parole qui dit juste et vrai.

5 février 2016

Comme la plupart d’entre nous, Hérode, malgré sa toute puissance, est un homme divisé. Il ne sait pas choisir et il attend que les événements choisissent à sa place. Il aime écouter le prophète Jean Baptiste, mais il ferme ses oreilles et son cœur à sa prédication. Pas question de conversion ! L’ambigüité est son Royaume intérieur. Il ne dirige pas sa vie selon ses convictions, il la laisse flotter au gré des vents de la mode ou de la séduction. Pour finir, il fera tuer Jean le Baptiste parce que la fille d’Hérodiade l’a charmé en dansant devant lui et sa cour. Triste sire !

29 août 2016

Méfions-nous des noirs desseins qui peuvent ramper dans nos consciences pour éliminer de notre entourage les prophètes qui n’ont pas peur de parler juste et vrai. Ils nous dérangent et souhaitons les éloigner en guettant le moment opportun pour nous débarrasser de ceux et de celles qui nous contrarient. Il est bon qu’auprès de nous quelqu’un ose nous dire : « Tu n’as pas le droit ». Si son propos est juste, il nous invite à la pénitence, au lieu de le bannir il nous faut le remercier.

3 février 2017

Marc, l’évangéliste, ne présente pas Hérode comme un prix de vertu. Quoique roi, il a une conscience tourmentée. En lui s’agite tout et son contraire. Le souvenir de Jean Baptiste qu’il a fait décapiter et la renommée de Jésus qui devient célèbre l’assaillent, le troublent. Il confond le précurseur et le messie. Les questions religieuses se mêlent à son orgueil politique, elles mènent en lui une ronde infernale. Il voudrait tout savoir et tout dominer. Le souvenir du passé, la mémoire des Écritures et l’actualité du présent se mêlent et l’effrayent. Pauvre Hérode ! Tu n’as donc pas de lieu de parole pour parler et devenir un homme simple, pauvre, clairvoyant. Pauvre Hérode ! Tu fais pitié car tu n’a personne à qui te confier. Tu ne peux pas être humain et roi, qui plus est, si personne ne t’écoute. Pauvre Hérode ! Cherche un lieu d’humilité !

29 août 2017

Jean le Baptiste, prophète de la conversion et précurseur de Jésus n’avait pas peur de parler franchement aux puissants. Il ne bavardait pas, il ne flattait pas, il parlait et on l’écoutait. Il ouvrait à la réflexion et créait un débat intérieur à ceux qui lui prêtaient attention. Hérode était de ceux-là. Mais ce roi de pacotille avait un fil à la patte. De plus, les spectacles lui plaisaient au point lui faire perdre la droiture du jugement. Ainsi, il fit décapiter Jean qu’il avait plaisir à entendre. Cette histoire que nous lisons dans l’Evangile de Marc résonne en nous car, si elle s’est passée, il y a environ 2000 ans, elle existe encore aujourd’hui sous des formes similaires. A nous de voir comment nous faisons taire la voix prophétique qui crie en nous !

29 août 2018

« Les paroles démesurées ». Quand on est responsable (et on l’est tous plus ou moins de ceci ou de cela), il faut mesurer son langage et surtout ses promesses. Sinon on se piège soi-même et on est conduit là où l’on aurait préféré ne pas aller. La sagesse invite à contrôler sa parole. On ne dit pas n’importe quoi dans l’euphorie de la fête, sur le coup de la colère ou le désarroi de la fatigue. Si cela, malencontreusement, arrive, il vaut mieux le reconnaître, faire machine arrière, demander pardon, rectifier son propos plutôt que de s’empêtrer dans des « points d’honneur » qui enferment dans la démesure orgueilleuse.

29 août 2020

La fille d’Hérodiade est gracieuse et séduisante, mais elle demeure dans une démarche infantile. Elle demande à sa mère : « Que dois-je dire à Hérode ? » Son comportement pernicieux nous invite à réfléchir. A qui demandons-nous habituellement conseil ? Cette question vaut la peine d’être posée. Les meilleurs conseillers ou conseillères sont ceux et celles dont les avis éveillent à la liberté et à l’engagement personnel.

5 février 2021

Les ‘dictateurs’ ont toujours peur qu’un autre leur ravisse le pouvoir. Leur cerveau est toujours en ébullition pour éviter cette éventualité. Hérode, un despote à la fois tendre et cruel, vivait dans cette hantise. Il avait fait décapiter Jean pour un prétexte fou et ignoble. Maintenant, il avait une peur démentielle de Jésus qu’il ne connaissait que par ouï-dire. Ses conseillers prenaient-ils un malin plaisir à l’affoler ? Jésus devient célèbre. Comment le connaître et s’en protéger ? Bien triste histoire qui hante parfois les hautes sphères de la société. Ce qui n’est en fait qu’un caprice, certains l’appellent ‘raison d’État’ !