Marc 6, 1-6

1er février 2012

Comme Jésus, le baptisé est reconnu comme étant du village. Mais aussi, comme Jésus, il devrait frapper d’étonnement ceux et celles qui le côtoient. Il est de chez nous, terre à terre, et déjà sort de lui une certaine lumière d’éternité. Sa présence est une question. Si on l’interroge, va-t-il répondre en termes simples ?

8 juillet 2012

Ce qui est rassurant, c’est que Jésus au dire des auditeurs est le charpentier dont on connaît la mère, les frères et sœurs. Ils sont du village. Ce qui est bouleversant, ce sont sa sagesse et les signes de sa bonté qui obligent à réfléchir. Mais ce qui est vraiment extraordinaire, c’est qu’en sa personne se réalise une unité toute simple. Les baptisés ne sont pas Jésus, mais le Corps du Christ. Ils sont « étonnants ».

6 juillet 2013

En entendant Jésus, les auditeurs s’étonnent. Pourquoi ? Jésus parle selon l’Esprit qui l’a mis au monde. Les auditeurs entendent selon l’oreille qu’ils prêtent à l’Esprit ! C’est beaucoup plus qu’un enseignement, c’est beaucoup plus qu’un catéchisme. De la part de Jésus, ce sont des paroles de Vie qui s’expriment selon l’abondance du Cœur. Christ contemple la relation trinitaire et il aime passionnément le peuple. Cela suffit. Il n’a rien à réciter. Il est la Parole. Le témoignage des baptisés est du même ordre.

5 février 2014

Jésus revient dans son village. Tout le monde le connaît ou croit le connaître. Tous ne voient en lui que son « extérieur ». Peu se soucie de sa richesse intérieure qui vient de Dieu. Les habitants de Nazareth « réduisent » leur concitoyen à leurs propres dimensions terre-à-terre. Lui, un prophète ! Vous n’y pensez pas! On connaît son papa, sa maman, ses frères et sœurs. Contempler en quelqu’un le don de Dieu n’est pas fréquent. C’est un acte inspiré par la foi et du temps de Jésus et encore de nos jours. « Réduire » quelqu’un, quelle horreur et, pourtant, c’est courant, même dans les communautés de baptisés !

4 février 2015

On ne découvre pas un miracle en l’épluchant avec un outil scientifique. On ne peut le reconnaître que si on le relit dans la foi. Un miracle n’est généralement pas spectaculaire. Il est un don gratuit de Dieu que si on le relie avec toute une histoire de vie intérieure. D’ailleurs, souvent, ne les reconnaissent que les cœurs pauvres qui ont appris à lire aidés par un témoin de la foi. Joie des miracles quotidiens.

5 juillet 2015

Prophète parmi les siens et parmi ceux et celles que l’on rencontre chaque jour est une mission peu banale et difficile. Cela suppose de percer l’habitude dans laquelle la réputation et la connaissance superficielle enferment. Cette mission suppose profondeur spirituelle, douceur, bonté et longue fréquentation du témoin-prophète qui ne se révèle que dans le déroulement du temps.

3 février 2016

Pourquoi est-il si rare que la parenté soit chez les chrétiens le lieu de la foi explicite célébrée et de la prophétie reconnue comme une porte ouverte sur l’avenir ? Sans doute parce que les liens de la proximité enferme les personnes dans une image et un passé. On croit se connaître parce que l’on s’est fréquenté au jour le jour mais il n’y a plus d’étonnement pour la nouveauté de l’enfant ou du frère et de la sœur qui affirme sa nouveauté personnelle en Christ. Il faut presque toujours quitter l’enveloppe familiale réductrice pour prendre son plein essor. La famille a ses joies, ses grandeurs, ses solidarités, mais aussi ses limites. Fonder ailleurs !

1er mai 2016

Nous aimons respecter Joseph, l’époux de Marie, comme l’honnête homme qui fait bien son travail et gagne sa vie de son labeur quotidien pour nourrir sa famille et la mettre à l’abri de la pauvreté sordide. Par son comportement fidèle et attentif, il nous enseigne la laïcité. Il vit au jour le jour ce que tous les bons pères de famille vivent simplement. S’il y a un coup dur, ils l’assument… Autrement, dans la grisaille journalière, ils trouvent la joie de vivre et de s’épanouir.

1er février 2017

Pas de trompète, pas de tambour, pas de manifestation sur les places et dans les rues mais la cordialité du sourire et de la main tendue. La vie simple, la courtoisie réciproque, la relation sympathique de bon voisinage, l’entraide sans affectation, la camaraderie du travail, sont autant d’actions (avec quelques autres) qui préparent chaque jour la trame et la chaine du tissu quotidien. C’est dans cette étoffe de travail, de fête, des joies et des tristesses, de délicatesse discrète que se taille le bel habit du partage, de la citoyenneté et de la laïcité. Ce partage devient « aumône » si, en plus, il est affecté de la fraternité silencieuse et efficiente qui vient de la reconnaissance du même Père qui fait tomber sa pluie sur les méchants comme sur les bons. L’aumône déborde le partage que si elle est un secret de prière et d’offrande qui épouse et prend corps dans la fraternité humaine.

31 janvier 2018

« N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? ». Jésus repasse dans son lieu d’origine, les villageois le reconnaissent : ‘Mais c’est le charpentier. D’où lui vient donc cette sagesse ?’ Les uns et les autres sont à la fois choqués et stupéfaits. Ils n’accèdent pas à la foi. Ils s’arrêtent à ce qu’ils savent. Ils n’entrent pas dans le mystère. Ils regardent sans voir. Ils ne comprennent pas et ne cherchent pas à comprendre. Ces quelques versets voudraient nous apprendre à ne jamais ‘réduire’ une personne étonnante par sa sagesse et son comportement au service de tous. Nous non plus, nous ne savons pas accueillir celui ou celle qui est le ‘don’ de Dieu parmi nous, tout en étant un humain comme nous.

8 juillet 2018

« Jésus se mit à enseigner sans la synagogue de Nazareth ». Jésus ose enseigner les « temps nouveaux » dans la structure ancienne des gens de son village. C’est un risque qui bouleverse les habitudes religieuses des habitants de Nazareth qui, le jour du sabbat, étaient venus écouter le prêche et prier Dieu. Etonnement général. Qui est donc ce Jésus dont on connaît la famille ? Il chamboule tout. Les « pratiquants » sont choqués ! Jésus ne peut pas donner sa pleine mesure. Il s’étonne que ses anciens compagnons du village aient plus d’habitudes religieuses que de foi. « Il guérit seulement quelques malades ». Un minimum adapté aux indigentes attentes des villageois qui l’ont enfermé dans leurs souvenirs.

5 février 2020

Jésus ne peut faire aucun miracle là où manque la foi. Cette affirmation est curieuse, mais elle signifie peut-être qu’un miracle ne peut se produire que dans une relation confiante, profonde et réciproque, c’est-à-dire dans un amour fidèle bien réel. Le miracle sans doute est le fruit d’un amour du Christ pour celui ou celle qui l’aime de tout son cœur. Le miracle n’est ni une récompense ni une propagande. Il est une gratuité étonnante de simplicité. Il ne devient manifeste que dans un terrain disponible et accueillant. Il est toujours un signe à interpréter.

3 février 2021

De tout temps, les cousins, les voisins, les « gens » du village, ‘enferment’ facilement celui ou celle qu’ils pensent connaître. Ils campent sur la rumeur collective de la bourgade. A Nazareth c’est pareil. Jésus enseigne à la synagogue. Son prêche est impeccable, voire prestigieux. Des gens de l’assemblée se demandent, au lieu d’écouter, d’entendre et d’accueillir, d’où peut lui venir cette science ; ils grommellent : « N’est-il pas le simple charpentier que nous avons connu jadis ? ». Ils croient bien connaître Jésus mais, de fait, restent attachés au passé du prédicateur et ne portent aucun crédit à son commentaire des Écritures. Ils ne lui font pas confiance. Attention ! Cela nous guette tous ! Nous avons souvent du mal à accueillir un message prononcé par quelqu’un que nous connaissons. Seule la foi ouvre à une nouveauté qui bouscule et nous projette vers l’infini.

4 juillet 2021

La foi est du domaine de l’intime, voire du secret. Les liens familiaux et les relations de voisinage présentent parfois des obstacles. On croit bien connaître ceux et celles qui sont ‘naturellement‘ proches, mais ce n’est pas forcément vrai pour la foi. Cette connaissance de proximité, souvent ‘superficielle’, suffisante pour la politique, la religion, l’entraide sociale, ne suffit pas pour l’intimité de la foi. La foi est une confiance du cœur et du secret partagé. Parfois, même entre époux et amis, on ne va pas jusque là. Il n’est pas étonnant qu’à Nazareth, Jésus s’étonne du manque de foi !