Marc 4, 26-34

17 juin 2012

Prendre le temps, ne pas céder à l’impatience, ne pas s’essouffler, mais marcher au pas de l’humanité. Le Règne de Dieu n’est pas pressé parce qu’il est primordial. Il est efficace par l’amour qui se vit dans l’humilité et la durée. Il répugne à l’affolement et aux grandeurs sans lendemain. Le « petit peu quotidien » suffit s’il est « journalier ».

1er février 2013

Le temps de la loi noachique ou mosaïque est fini. Il ne suffit plus de suivre des prescriptions et de célébrer des rites. Jésus appelle toutes les forces de l’homme à découvrir dans la foi une nouvelle manière de se situer dans le monde. L’intelligence, l’interprétation, la liberté, le discernement, la conscience, la décision, la tendresse, tout concoure à aimer en demeurant dans la modestie humaine. La vérité se fait humblement. Le ‘Jour’ de Dieu se lève dans les cœurs et il prend corps dans l’aujourd’hui de la création. L’Esprit Saint ouvre le grand angle, la vie quotidienne devient parabole.

31 janvier 2014

Puiser profond en soi jusqu’à atteindre la nappe phréatique de l’universel est bien meilleur que de courir le monde à grandes enjambées. Sans précipitation, à l’épreuve de la durée, il germe, il prend racine, il grandit en puisant dans le sol le gout du terroir. Vient le temps de la moisson. L’épi donne son grain. Tous les voisins pourront en prendre : c’est gratuit.

30 janvier 2015

Marc nous montre Jésus cherchant à faire percevoir à ceux et celles qui sont venus l’écouter l’ineffable beauté du Royaume de Dieu. Il parle un langage adapté pour que son message soit « saisi ». Il laisse de la liberté à l’interprétation de chacun pour respecter ses auditeurs. Il ne s’agit pas de ‘donner du prêt-à-porter’ mais de susciter la recherche. La foi n’est pas un slogan asséné mais une question vivante où chacun s’engage à partir du point où il en est.

14 juin 2015

Dans la bonté de celui ou de celle qui est librement entré dans l’intimité que Dieu lui propose en Jésus Christ, il y a une constance dans la semaison. A poignée, il jette le grain qu’il juge le meilleur et ne s’inquiète plus de la moisson. Après la confiante patience, le moment venu, il verra si c’est le temps de la moisson. Alors, il mettra la faucille dans le blé mûr.

29 janvier 2016

Les paraboles ne sont pas seulement pour Jésus un moyen pédagogique pour se faire bien entendre de la foule et pour qu’elle retienne son message, mais c’est aussi pour solliciter les commentaires de ceux qui l’écoutent parler. Le Seigneur n’assène pas des préceptes qu’il faut appliquer. Il fait réfléchir ses auditeurs, les invite à penser et à se nourrir de ses paroles en les assimilant selon l’ouverture de leur cœur, de leur intelligence, de leur culture. Il ne va pas plus vite que leur entendement. Il les respecte dans leur cheminement.

27 janvier 2017

Un des dons de Dieu, c’est d’enter chaque jour dans une vie simple, sans détour, une vie offerte. Ensemencée par la Parole qui germe intérieurement en eux, certains et certaines laissent grandir dans leur cœur une paix profonde qui est un repos lucide, sans tracas, pour la prière et l’action. Pas d’angoisse, pas d’élan, presque rien. Tout se passe comme si ces privilégiés vivaient en 2016 comme Jésus vivait à Nazareth, il y deux mille ans environ. Existence ordinaire pleine et offerte. Enracinés comme le Christ et avec lui dans l’action et la relation trinitaire, ils inventent au fil des jours la réciprocité qui donne plénitude aux personnes. C’est parfois pour eux et elles un combat, mais c’est pour leurs compagnons de route la chance de cueillir la paix.

26 janvier 2018

« Dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre ». Un prédicateur est « grand » dans la mesure où il parle pour être entendu et compris par son auditoire. Ni grande envolée, ni langage abscond, mais une parole audible, juste, simple, claire, qui fait réfléchir et ouvre des perspectives adaptées. Ainsi se respecte les attentifs. Il ne s’agit ni de convaincre, ni de recruter, ni de formater, ni d’enthousiasmer, mais d’utiliser des mots simples qui disposent l’intelligence de chacun à construire sa propre liberté pour avancer à son pas. En la matière, Jésus est un maître car il connaît le cœur de l’homme et l’aime dans la patience.

17 juin 2018

« Prendre paisiblement le temps de vivre ». Les humains grandissent dans la patience. La sagesse leur conseille de ne pas nier leur dimension temporelle. Le moment présent vient d’hier et aujourd’hui n’est pas encore demain. Même ce jour présent se déroule à longueur de temps. Prendre en compte sa nature et ne pas la forcer charpente l’humilité. Prendre son temps discipline les jours et soumet les fantaisies brouillonnes en leur donnant leur juste place. Pour chacun de nous, à un moment ou un autre, le temps s’arrêtera. Les chrétiens croient que la mort détruit le temps, mais n’anéantit pas l’être personnel. Le « passage étroit » de la mort ouvre sur une amplitude totale de chaque personne qui existera unique pour toujours sans la limite du temps. Elle sera « une » intime à Dieu et à la multitude.

31 janvier 2020

La vie spirituelle germe dans la patience, grandit dans le mystère des jours. La vie spirituelle est d’abord une sorte d’herbe pas bien caractérisée, puis elle s’élance pour devenir épi puis du grain que l’on moissonne pour en faire une semence féconde et une bonne nourriture. La vie selon l’Esprit suit les vicissitudes de la vie personnelle et collective. Cachée à l’origine dans une relation intérieure avec les Écritures et la personnalisation de la Foi au Christ, elle devient normalement dans le temps communautaire, ecclésiale puis fondatrice d’une lumière originale qui s’ajoute à d’autres lumières.

29 janvier 2021

Le semeur de la Parabole est sans doute le Dieu-Amour et Douce-Source de tout. A chaque instant, il jette la semence. Il lui fait confiance. Selon sa nature, elle deviendra herbe, puis épis plein de grains qui seront récoltés par le moissonneur pour nourrir l’humanité. La confiance accordée au semeur et au moissonneur engendrera un bien commun pour la subsistance de tous. Il en est ainsi du Règne de Dieu. Il appelle à la confiance et à la réciprocité. Le Dieu Unique et Trinitaire qui s’est incarné en Jésus est un Bien commun.

13 février 2021

Jésus leur annonçait la Parole dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Jésus respecte trop ses disciples pour les « formater ». Il désire qu’ils comprennent et adhèrent à ce qu’il leur propose. Il leur parle en paraboles pour qu’ils cherchent le sens et interprètent librement, selon leurs capacités du moment, ce qu’ils peuvent (et veulent ?) assimiler comme message pour eux. Ils ne pourront prêcher que ce qui leur tient à cœur. Leur mission est un partage de leur foi et non pas un « catéchisme » avec ‘questions-réponses’. Jésus marchera avec les apôtres et, en chemin, il se fera comprendre par la communion avec lui.

Des paraboles

17 juin 2012