Luc 14, 25-33

7 novembre 2012

Chaque baptisé s’interroge pour vivre au mieux avec ses frères et ses sœurs dans la foi, selon l’élan de Jésus qui offre le monde et le sert. Ils conjuguent dans leur action contemplation et réalisme. Ils choisissent dans la conjoncture présente ce qui leur semble possible, cherchent les moyens les mieux adaptés et, avec détermination, avancent en se soutenant les uns et les autres dans l’amour de Dieu dont ils ont reconnu l’appel.

8 septembre 2013

Il faut bien y réfléchir et faire les bons choix. Ce moment de discernement est une affaire de conscience personnelle et de débat communautaire. Comme nous sommes des êtres humains, des hommes et des femmes soumis au temps et à l’espace, nous ne pouvons pas tout faire à la fois. Il faut choisir et se tenir à ce qui parait primordial selon l’amour que Christ révèle à notre conscience par les Ecritures et les avis des frères et des sœurs dans la foi. La Vérité et l’Amour nous délivrent des fausses obligations qui ne sont que nos caprices déguisés.

5 novembre 2014

Si la vie humaine est un choix permanent éclairé par notre discernement et structuré par notre volonté, alors, à chaque instant, nous préférons ce qui nous semble le meilleur pour nous ou ceux qui nous entourent et nous appliquons notre énergie à mettre en œuvre ce que nous avons choisi par amour. La vie évangélique qui est conversion permanente n’est en fait qu’une suite de préférences lumineuses qui surgissent de la grisaille de l’habitude. Parfois même, ce que nous pensons être une nécessité, cède le pas à un comportement innovant, inspiré par la bonté.

4 novembre 2015

Préférer, c’est choisir quoiqu’il en coûte. La « préférence » est une détermination libre et, sans doute, amoureuse, qui instaure une fidélité et une persévérance que l’on s’impose à soi-même après avoir discerné ce qui était le meilleur pour soi dans ses relations avec les autres. On a pesé le pour et le contre. On a fait œuvre d’intelligence et de raison. On a opté en connaissance de cause. On a choisi parce que l’on a voulu et que l’on a dit : « Ceci passera avant tout parce c’est pour moi primordial. Ce sera mon honneur et mon bonheur ».

4 septembre 2016

« Réfléchissez bien ! », dit Jésus aux nombreuses personnes qui le suivaient : « Si vous « partez avec moi », il faudra me préférer à votre confort domestique et à une vie familiale repliée sur elle-même. Quitter chez soi est une aventure qui ne demande pas seulement un renoncement banal mais une démarche audacieuse et aimante par son exigence ». Depuis, nous avons intériorisé la parole de Jésus et nous avons compris que nous pouvons fort bien « marcher » avec Jésus en demeurant à la maison, en chérissant époux ou épouse, en aimant ses enfants, ses parents, sa terre, sa profession, son pays… Mais il nous faudra trouver et vivre une autre manière de préférer le Christ. La foi est un débat journalier, un choix constant, une persévérance primordiale, un élan qui met chaque chose et chaque personne à sa juste et vraie place. Cet « ajustement » quotidien est un véritable amour du Seigneur.

6 novembre 2013

Trois éléments président à nos décisions d’amour pour la personne du Christ, Chemin qui conduit à son Père :

Tout n’est pas identique pour chacun, mais chacun désire aller jusqu’au bout de la totalité de son offrande

8 novembre 2017

Celui ou celle qui a de grands projets de vie spirituelle doit commencer par s’asseoir, c’est-à-dire renoncer à se mettre en route sans avoir pris le temps de se poser et de réfléchir. Il est humble de ne pas se lancer dans des démarches inspirées par la foi et l’amour simplement parce que l’on en a l’intuition, le désir, et le goût. Un éclair de générosité n’est pas suffisant pour éclairer une vie. Christ conseille à l’être humain de penser au sens de ce qui lui semble excellent et aussi d’estimer avec lucidité ses propres forces, afin d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Certes, l’Esprit du Seigneur donne courage et soutient les généreux. Mais il est toujours mauvais d’être présomptueux et de se mettre dans une situation démesurée pour soi. Humilité et sagesse.

6 novembre 2018

« Achever. Aller jusqu’au bout ». Les beaux projets sont faciles à échafauder. Poursuivre chaque matin ce qui a déjà commencé hier demande un esprit de suite. Bâtir en réalité le projet durant des ans demande une énergie sublime et amoureuse. Le baptême chrétien est le projet d’une vie entière. Il traverse les péripéties, il écorche les mains, il essouffle parfois. Bienheureux lorsque l’on a une communauté aidante ! Et puis l’appel du Christ : « Viens avec moi, je te mènerai au bout du chemin que tu as choisi de prendre » est la force du pèlerinage. Un pas, l’un après l’autre, est un triomphe humain sur le temps. L’amour en est le plus grand secret.

8 septembre 2019

Avant tout, respecter et tenir sa parole d’offrande est à la fois un devoir personnel et un bien social. La promesse libre et réfléchie traverse le temps et les circonstances parfois difficiles, sans pour autant s’amoindrir et encore moins s’oublier. Préférer est un choix quotidien. Il demande intelligence et discernement. Préférer n’est jamais brutal. C’est un consentement intérieur qui demande beaucoup d’amour. Les circonstances conduisent parfois à changer les formes de sa promesse, sans pour autant les amoindrir. Détermination difficile !

6 novembre 2019

Réfléchir, discerner, choisir, décider, durer, ce sont des verbes qui disent la grandeur de l’humain. Généralement, parler et écrire les accompagnent. Ce bouquet de verbes orne la vie des hommes et des femmes qui grandissent en humanité. Le choix de la foi chrétienne les suppose. Édifier une tour de spiritualité dans son cœur et dans son intelligence a comme prémices de s’asseoir, de calculer, de fonder. Si l’amour de Dieu peut surgir à l’improviste dans une vie, il n’ entre dans la constance et l’organisation de l’existence tempétueuse qu’en assumant le don de Dieu reçu dans la spécificité de la grandeur humaine.

4 novembre 2020

Au séminaire, les professeurs m’ont parlé de « l’économie du salut ». A la fac, d’autres professeurs ont remis une couche ; je ne suis pas certain d’avoir assimilé leurs propos. Soixante après, face à ce texte de Luc, je risque mon grain de sel. Et si l’économie du salut n’était seulement que le rapprochement de l’intelligence humaine avec le mystère du salut en Jésus Christ ? Pour rester dans la juste humilité de ce travail surhumain, les comparaisons, les paraboles, sont absolument nécessaires. Mais il faut admettre qu’elles sont liées aux risques de l’interprétation.

3 novembre 2021

« Commencer sans être capable d’achever ». Emballement, enthousiasme, mettent en route et portent nos premiers pas avec allégresse. Et c’est bien ! Mais au début de la marche, il  convient de prévoir pourquoi et comment persévérer en chemin. Il faut ensuite poursuivre sans geindre, aller de l’avant, continuer malgré la lassitude et les difficultés. Il ne s’agit pas de regretter le passé, de s’arrêter à rêver au bord du chemin :  » Avant, c’était mieux ! » Préférer aujourd’hui et se maintenir coûte que coûte dans l’accomplissement du projet initial conçu librement et avec amour. C’est vrai, il y faut du renoncement. Mais la cohérence accomplit le désir primordial. Aller, passer, se dépasser, actualisent mon choix de « pèlerin ».