Luc 18, 1-8

17 novembre 2012

Un « juge » abominable. Il ne respecte pas Dieu et se moque des hommes. Une femme, faible, sans protection sociale, par sa persévérance vient à bout de l’irrespect et de la moquerie. Durer sans faiblir pour obtenir le bon droit. Aiguiser son courage par la prière pour aller jusqu’au bout de son action.

20 octobre 2013

Jésus n’est pas un catéchisme avec questions et réponses. Il est un interlocuteur. Son autorité naît de la réponse qu’il fait surgir au cœur et dans la conscience de ceux qui l’interrogent. Il a autorité parce qu’il rend auteur chacun et chacune de sa propre liberté et de sa parole engagée dans l’Histoire. Jésus est en personne la question vivante de Dieu enracinée dans la culture humaine. Sa vie, sa pratique, son service de l’humanité, son offrande, la vérité de son appel, l’autorise – c’est-à-dire lui donne autorité – pour parler et appeler : « Lève-toi ! » ou « Viens, suis-moi ! ».

16 novembre 2013

La foi nous introduit dans la nuée où Dieu se cache pour ne pas nous éblouir et éteindre notre liberté humaine. Tant que nous sommes sur terre, il ne nous exempte pas de l’histoire des humains. C’est là notre lieu d’efficacité, de patience, de persévérance, d’intercession, d’action. Par la foi, nous plongeons au plus profond de l’interaction humaine. La foi nous rend concrets comme Jésus le Christ de Dieu qui a donné son temps et offert sa vie. En principe, notre analyse des événements nous convoque à la gratuité de la Charité. Demeurer dans la foi pour agir selon le cœur du Christ.

15 novembre 2014

« Prier sans se décourager ». Qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? A mon sens :

Chercher parmi ceux et celles qui nous entourent des personnes compétentes et pas forcément des amis qui peuvent porter secours à notre faiblesse.

Oser leur demander un service sans préjuger de leur réponse.

En fait la prière et la foi humanisent la relation, fondent la rencontre, rendent la société meilleure, offrent à autrui l’occasion d’être accessible et de rendre service. Une telle attitude rapproche du Royaume des Cieux. Vive la prière.

14 novembre 2015

Dieu, notre Père, n’est pas sourd. Il entend notre prière. Sa tendresse n’a pas besoin de répétition. Par contre, ce sont les humains qui doivent renouveler sans cesse leurs demandes. La prière continue tient leur cœur en alerte et en disponibilité. Sans cette persévérance, ils s’assoupissent et leur foi se recroqueville et s’étiole. La prière est une élévation vers Dieu de ceux et de celles qui vivent dans le temps. Ils désirent éviter de s’affadir. Ils veillent.

16 octobre 2016

La contemplation, la prière, les célébrations communautaires, demandent du temps et donc des priorités. Entre plusieurs occupations chronophages, celui ou celle qui désire vivre une relation profonde à Dieu et à son Christ leur réserve des minutes ou des heures. Donner habituellement du temps à quelqu’un, c’est non seulement signifier qu’il a une place privilégiée dans l’organisation d’un programme journalier, mais c’est une sorte de déclaration d’amour parce que rien n’y oblige. Si l’on y regarde de près, dans la durée, hors de la passion d’un moment, c’est un courage pour un vrai combat révélateur des sentiments profonds.

12 novembre 2016

Un juge qui ne craint pas Dieu et ne respecte pas les hommes n’est pas comparable au Dieu miséricordieux, tendre, bon que le Christ nous a appris à connaître et à aimer. Qu’est-ce donc que Jésus désire nous faire comprendre en racontant cette histoire ? Il est évident que je ne suis pas sûr de mon interprétation, mais je crois que Jésus parle de la Justice. « Dieu fait Justice à ses élus », c’est-à-dire à mon sens, qu’il nous demande de combattre sans cesse pour établir sur terre ce qui est vrai, juste et bon. Entre prière constante et combat sans lassitude, il y a une similitude. Prier n’est sans doute qu’une manière d’offrir tous les jours nos efforts humains laborieux pour que règne sur terre la véritable égalité fraternelle qui signifie par anticipation l’égalité des humains dans leur Résurrection bienheureuse.

18 novembre 2017

Cette femme demande au juge de prendre en considération sa cause. Elle ne se rend pas justice elle-même. Elle demande et redemande au magistrat de l’écouter et de favoriser une issue honorable. Dieu ne siège pas dans un tribunal. Mais celui ou celle qui le supplie d’apaiser un conflit, s’il le prie assidûment, trouvera l’apaisement nécessaire pour que sa revendication trouve bonne issue. C’est dans la sérénité qu’il fera les démarches qui iront du côté de la paix et de la justice.

17 novembre 2018

« La veuve importune qui crie justice ». Entortillé dans sa magistrature, le juge n’entend que criaillerie qui le dérange. Notre Père du Ciel, lui, est attentif, il veille, il est disponible. Il sait ce dont nous avons besoin comme citoyen de son Royaume. Il ne fait pas la sourde oreille. A tout ce qui nous arrive, il nous propose le meilleur parti et nous dispose à suivre sans désespoir des chemins humains bien pénibles et scabreux. Il arrive même parfois que le mal que nous subissons nous fasse douter de sa bienveillante bonté. Dans nos parcours difficiles dus à notre nature humaine mortelle, il ouvre un « passage ». Reste à le prendre !

20 octobre 2019

« Prier sans se décourager » ne veut pas dire, du moins à mon sens, de s’enfermer dans la prière de demande. Dieu sait ce dont nous avons besoin. Son amour est provident. Prier sans se décourager signifie plutôt à mon avis que, lorsque le ciel nous semble fermé ou que les soucis de la terre nous éloignent de la grandeur de Dieu, c’est à ce moment-là qu’il est nécessaire de ne pas succomber au découragement et de persévérer dans l’action de grâce, l’offrande, et l’adoration. Venir et revenir sans cesse, auprès de la mansuétude paternelle de Dieu.

16 novembre 2019

La manière de prier diffère selon les époques de l’Histoire, les tempéraments humains, les vocations choisies, les moments de la vie. Nul parmi les baptisés chrétiens ne peut dire : « Imitez-moi, vous serez dans la vérité, Dieu vous écoutera ! » Pour être certain de ne pas se tromper, il faut unir nos prières à l’offrande du Christ et prier par lui, avec lui et en lui et improviser. Pour assurer la dimension collective, on emploie aussi des formules communes que l’on sait tous par cœur. Mais il est probable que chacun les interprète à sa manière. C’est un seul bouquet avec des fleurs de différentes nuances.

14 novembre 2020

Il n’est pas défendu de mêler Dieu aux ‘affaires’ de notre train-train quotidien. Demander peut fort bien révéler le fond et le profond du cœur. ‘Demander’ dans la prière n’est pas solliciter la Providence de Dieu pour qu’elle agisse à notre place et fasse ce que nous ne saurions faire de près ou de loin. Par exemple : « Je prie pour toi ».  « Prier pour » quelqu’un, c’est lui assurer que d’abord nous avons pour lui ou pour elle le même amour que Dieu lui porte, puis aussi que nous sommes prêts à l’aider de toutes nos ressources personnelles. L’expression « prier pour » est trop lourde de sens pour qu’elle soit employée à la légère.

13 novembre 2021

« Qu’est-ce qui détermine vraiment mon action ? » aurait dû se demander le juge de la parabole. La justice ou mon confort ? Nous ferions bien, nous aussi, de regarder avec attention ce qui motive notre relation à autrui, aussi bien dans notre métier que dans notre vie privée. Nos décisions sont-elles le fruit du bien commun, du droit, de la vérité, ou sont-elles manipulées par de sordides motifs personnels ? La vie sociale de tous les jours offre l’occasion d’un véritable examen de conscience.

Le pharisien et le publicain

17 novembre 2012