Luc 7, 31-35

19 septembre 2012

Sur la place, les gamins jouent. Ils font « semblant ». Ils piaillent, ils crient, ils courent. Ils sont gendarmes, ils sont voleurs, ils sont « chats perchés ». C’est de leur âge. Ils sont « têtes-en-l’air ». Mais quand les adultes les imitent et que, dans leur vie spirituelle, ils font semblant, ils s’empêtrent dans des contradictions dérisoires pour leur âge.

18 septembre 2013

Les adultes, hommes ou femmes, qui rêvent de perfection au lieu d’aimer le monde et les personnes malgré leurs limites et leurs imperfections, sont toujours déçus et sèment de partout la stérilité du regret et du chagrin. Ils ne savent pas se réjouir du « petit peu », grain d’espoir tenace qui se contente d’une terre pauvre et se faufile entre des cailloux pour grandir, s’épanouir et porter du fruit. Devant une belle réussite, les hommes et les femmes de la déception ne cueillent pas, comme les enfants, la joie d’aujourd’hui. Ils ou elles remâchent l’amertume de ce qui aurait pu être encore meilleur, voire parfait.

17 septembre 2014

Sur la place, les gamins vont viennent, jouent, s’amusent, se chamaillent, cueillent sans réfléchir les jours qui passent.  A leur âge, l’insouciance  leur permet de s’étoffer. Ils prennent le temps de grandir. Ils sont enfants, heureusement insouciants. Aux adultes revient la charge de réfléchir, de se concerter pour  gérer la cité et organiser la société, veiller à la paix et à la sérénité des relations, faire régner la justice et prévoir l’avenir. Si, par malheur, les adultes restent enfantins, sans parole ni autorité, s’il n’existe plus aucune stratégie, si personne n’ausculte l’histoire et n’interprète le présent, la sagesse de Dieu n’a plus de place parmi les humains. La vie spirituelle ne remplace pas la réalité humaine. L’amour de Dieu oblige à l’amour du monde et à la responsabilité du temps présent.

16 septembre 2015

Tantôt ceci, tantôt cela, il faut bien l’avouer, nous avons tendance à nourrir en nous une certaine inconstance. Nous avons de la peine à nous tenir fermement à ce que nous avons pourtant choisi en toute liberté de faire durablement. Notre volonté s’émousse. On dirait parfois que notre amour se recroqueville. Peut-être confondons-nous trop fidélité, d’une part, et fantaisie, d’autre part. Sagesse et durée marchent ensemble.

20 septembre 2017

La vie humaine, personnelle et sociale, est trop précieuse pour être n’importe quoi ou une sorte d’amusement de gamins qui jouent sur la place. La vie humaine est un ‘don’ qu’il faut sans cesse analyser et décrypter pour en trouver le sens et la signification. Lire l’histoire, en s’efforçant de la comprendre et d’en tirer une leçon pour l’action, est plus que nécessaire. C’est ce qui donne grandeur et dignité originales. C’est pour cela que les humains réfléchissent en eux-mêmes et se réunissent à plusieurs pour se servir de leurs réflexions différentes et mieux comprendre comment hier et aujourd’hui préparent demain.

19 septembre 2018

« Vous n’êtes jamais contents ». Nous sommes des assoiffés de boissons désaltérantes et fortifiantes et nous critiquons toutes celles qui nous sont présentées, en les jugeant insipides ou imbuvables. Certes, nous sommes des êtres de désir et notre cœur et notre intelligence ont heureusement toujours soif. Notre vie est une longue quête. Nous désirons rejoindre la personne du Christ et sa perfection. Mais notre chemin se situe dans le temps et l’imperfection. Il nous faut garder cette visée spirituelle et ne pas dénigrer sans cesse les étapes que la miséricorde de Dieu et des frères dans la foi nous ont préparées pour favoriser notre avancée.

18 septembre 2019

Les gamins sont dépités. Ils ont beau être inventifs et proposer des distractions contraires, tout semble tomber dans le vide et ne rien produire. Pareil pour le Baptiste et Jésus. Ils ont vécu et prêché d’une manière différente. On n’écoute et n’accueille aucune de leurs propositions spirituelles ou n’imite aucune de leurs pratiques religieuses. Les gosses ont raison. Il vaut mieux se réfugier dans la sagesse de Dieu et vivre dans cet élan d’amour et de profondeur pour « estimer » l’un et l’autre et recevoir d’eux paix et justice.

16 septembre 2020

La vie spirituelle n’est pas un Musée où se conserve intacte ‘l’histoire sainte’. C’est plutôt une renaissance qui n’en finit pas et se partage tant bien que mal. Inutile de nous cramponner au « décor ». La pièce s’invente chaque jour sur la scène du monde. A chaque instant, hier devient aujourd’hui. Cette trame des jours soumise au vent de l’imprévu nous achemine  vers le temps de l’accueil. Disponibilité et confiance.

Guérisons et rencontres

19 septembre 2012