16 novembre 2012
C’est dans la vie ordinaire de tous les jours que s’élaborent les choix spirituels. Pour un baptisé, le Christ vient, revient, interroge par les événements. Alors, chacun et tous doivent discerner et prendre position dans la foi. Dans les Eglises chrétiennes, nul n’échappe à se déterminer selon l’Evangile.
15 novembre 2013
Parfois, dans l’oraison, on découvre des sortes d’urgences de l’Evangile. On est comme talonné pour entreprendre telle ou telle action. Poussé par les événements de la vie journalière, pressé par l’amour de Dieu, appelé par le dénuement du prochain, le cœur et l’intelligence sont en émoi. La Prière poursuivie, le Souffle de l’Esprit et la Raison raisonnante confirment l’Urgence. Il faut agir dans l’immédiat. C’est sans doute rare, mais il se peut que l’oraison nomme l’ami du Christ au pavillon des urgences spirituelles. Il faut alors se déranger et, par bonté, agir sans tarder
14 novembre 2014
Que veut dire sauver sa vie ? Il me semble que cela signifie vivre dans le monde la solidarité, la fraternité, la bienfaisance, la bonté, l’offrande. Comme le Christ, avec lui et par lui, le baptisé est un « sauveur » du monde. Non pas qu’il soit meilleur que les autres ! Non pas qu’il soit parfait, mais il est un signe qui renvoie au Christ qui a « sanctifié » la création entière par sa seule présence. C’est en lui qu’est l’immensité de toute vie humaine qui ressuscitera pour toujours.
13 novembre 2015
Déjà du temps de Noé, beaucoup ne reconnaissaient pas l’amour que Dieu porte aux humains. Beaucoup n’avaient pas d’autre souci que de vivre et de bien vivre dans des occupations matérielles qui assuraient leur confort. Mais Dieu veille et, dans son amour, il appelle « un petit reste » à sauver une presque totalité. Ces « quelques-uns minoritaires » ne se laissent pas submerger. Ils gardent le cap de la foi pour la renaissance du peuple de Dieu. C’est ce que l’on appelle l’Alliance noachique.
11 novembre 2016
Ceux et celles qui désirent sur terre être membres actifs du Royaume de Dieu, ne regardent pas en arrière. Ils ne se lamentent sur le passé et n’en font pas des gerbes désolées. Ils cueillent aujourd’hui l’Histoire, vont de l’avant, ouvrent avec le Christ, Chemin de Dieu, une voie orientée vers la Lumière de la vie fraternelle. Ce sont des marcheurs d’infini. Chaque découverte de la Bonté en prépare une autre. Ils prennent le risque d’aimer et de se tromper mais, quand ils découvrent leurs erreurs toujours possibles, ils ne s’entêtent pas et ne s’empêtrent pas dans la déviance orgueilleuse. La liberté les assouplit, la joie les fortifie, l’audacieuse confiance les stimule, la simplicité les guide. Ils rejoignent le rassemblement des affamés qui ont trouvé la nourriture qui aiguise un appétit nouveau.
17 novembre 2017
Tout se passe normalement. Les jours succèdent aux jours. L’Histoire s’écrit sans soubresaut. Puis, un jour, éclairs et coups de tonnerre. Si ce n’est dans la nuée et sur les monts et dans les plaines, c’est dans les cœurs et les consciences. La lumière du Seigneur éclate et change les perspectives. Ceux et celles qui vivent ce chamboulement intérieur sont appelés à se prononcer et à prendre position. Un regard nouveau change la manière de voir les choses, les personnes, les événements. Les habitudes craquent. Une vie nouvelle s’ouvre. Elle n’est pas effrayante, elle est autre et, après l’effroi, une paix profonde et étonnée prend naissance. Retournement et conversion.
16 novembre 2018
« Vivre avec le précaire et les dangers ». La vie ordinaire, pleine de satisfactions, existe et elle est bonne à prendre. Il faut même s’en réjouir. Mais n’oublions jamais que les humains sont précaires et la nature capricieuse. On a beau s’efforcer de prévoir et de domestiquer les aléas des climats et les sombres manigances humaines, il demeure que l’imprévu nous rappelle et nous menace. Il peut devenir catastrophe mortelle. Il faut s’habituer à la réalité temporelle : nous ne sommes que des humains et nous n’avons que l’entraide fraternelle et la bonté pour paliers les accidents inévitables des jours, des mois et des ans. Rien n’empêche la mort de rôder. Ne nous prenons pas pour Dieu ! Nous ne sommes que des humains fragiles. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas tout.
15 novembre 2019
La foi chrétienne est déconcertante. Nul ne peut en dire les mots qui en expliquent le Tout. Pourtant, elle fait vivre et se laisse voir à partir des chrétiens qui l’incarnent, chacun, d’une manière sensiblement différente, selon leur époque, leur culture et leur tempérament. L’Esprit se charge d’en faire un ‘présent’ acceptable en mémoire de Jésus de Nazareth, le Ressuscité. Les Églises chrétiennes indispensables, toutes pécheresses, en vivent un parcours collectif partiel et partial.
13 novembre 2020
Le corps nous rend présents au temps, à l’Histoire, à la culture. Doté d’intelligence il sait lire et écrire, prévoir et engendrer. Doté d’une puissance affective, de ‘cœur’, notre corps sait aimer, enseigner, soigner, donner. Mais le corps sait sa limite. Il choisit parce qu’il ne peut pas tout. Précaire, il meurt un jour du temps ; le corps va devenir poussière. Je crois que la personne ressuscite. Elle entre en immortalité, s’ouvre pour elle « le sans limite ». L’amour qu’elle a vécu sur terre s’épanouit avec elle. Elle trouve une fécondité nouvelle. Elle « est ». Sa résurrection devient unité sans faille avec ceux que la mort a tout à fait accomplis. Mystère de la Consolation.
12 novembre 2021
Chaque jour est la fin d’un monde et chaque lendemain un nouveau temps. Ainsi vont les humains ; ils ne se cramponnent pas sur hier, ils sont toujours les embarqués du Passage. Demain les invite à la Renaissance. Hier s’abandonne entre leurs mains pour qu’ils animent aujourd’hui et le remettent aux bons soins du jour suivant. Le chemin de la vie s’ouvre dans une nouveauté journalière. On perd sa vie si elle n’est pas renaissance constante. C’est ce que j’ai cru entendre de la Parole. La Résurrection conclut ce pèlerinage aux multiples aspects.
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Luc 17, 20-25