21 mai 2012
Les apôtres et les disciples fuiront le drame du Calvaire. Jésus sera seul. Il fera l’expérience humaine de l’abandon. Point de justice, point de consolation ! Liberté d’offrande dans le chemin tragique du réalisme. Ce que Jésus vit, tout humain et tout disciple y seront confrontés d’une manière ou d’une autre.
13 mai 2013
Jésus dit aux disciples qu’ils ne seront pas les « patrons » du monde et qu’ils seront traités comme sont traités la plupart des prophètes qui osent dire la vérité et déranger les ronronnements de tous les pouvoirs qui n’évoluent pas ou, pire, veulent garder leurs privilèges et leurs prérogatives. Les baptisés sont des « dangereux » pour les sociétés figées, injustes ou perverses. Il faut qu’ils s’attendent, s’ils se trouvent dans cette conjoncture diabolique, à être maltraités. Un de leur titre de gloire, c’est de vivre avec toutes les « bonnes » volonté dans un sursaut pour promouvoir le respect de la grandeur humaine.
2 juin 2014
Baptisés, nous portons en nous mêmes le trésor des Ecritures, l’accueil de la tradition chrétienne, l’enseignement des Eglises, la beauté des cultures qui fait que nous sommes des humains chrétiens au sein de l’humanité entière. Avec elle, nous évoluons sans cesse. Artisans du tricot culturel, la voix de notre conscience guide nos choix libres durant notre vie terrestre. Dans un même élan, nous unissons en nous et entre nous le tragique de la vie humaine et l’amour de Dieu.
18 mai 2015
Le courage est à la fois discernement, choix et action. Puisqu’il est limité, le ‘courageux’ choisit « ses » causes et se mobilise pour les faire réussir dans la justice. Tout être humain est appelé à être « intrépide », c’est-à-dire sans mollesse et avec le moins de peur possible. Il a bien compris que la vie ordinaire se construit dans un élan pour s’édifier soi-même au sein d’une société fraternelle qui dépend de l’effort de chacun. Dans cette marche commune, le chrétien se nourrit du courage du Christ pour que tous ses frères humains en profitent.
9 mai 2016
La foi collective n’empêche pas la et les faiblesses individuelles. Pour qu’elle devienne fidélité personnelle et traverse sans se perdre complètement dans les buissons épineux de l’existence terrestre, il faut d’abord accueillir en soi la Bonté de Dieu qui se donne en Jésus Christ, puis faire un pacte avec elle devant d’autres frères ou sœurs et enfin vivre l’offrande persévérante et amoureuse de tous les aspects de sa vie au sein d’un monde qui se passe du Seigneur parce qu’il l’ignore ou le refuse. La fidélité est une relation réciproque, un échange permanent entre la prévenance de Dieu et l’oblation confiante de soi, solidaire de toutes les valeurs des humains.
29 mai 2017
On peut dire que chaque humain est confronté à la solitude. Elle est plus ou moins lourde et épaisse selon les jours, les circonstances, les tempéraments. Mais elle existe pour tous car nul n’échappe à son unicité qu’imparfaitement communicable. Sur terre, même l’amour le plus profond, même la solidarité la plus forte, même la communion spirituelle la plus authentique, laissent à chacun et à chacune non pas un isolement mais une solitude qui est sans doute une sorte de source, sauvegarde de sa personnalité. En la relation trinitaire, ce que nous appelons les Trois personnes ne font qu’Un. Je crois, j’espère, mais je ne sais pas, que les Ressuscités ne font qu’un dans la contemplation commune de Dieu mais que chacun garde en plénitude sa personnalité débarrassée de toutes limites.
3 juin 2019
La vie est un combat : celui de l’utilisation du temps qui passe, celui que l’on voudrait garder toujours, celui que l’on voudrait fuir au plus vite. Mauvais temps, bon temps et pas seulement celui des éléments naturels, mais aussi celui de l’expérience intérieure. Vivre est un « affrontement ». A cette jointure mouvante se trouve le ‘courage’ d’être un constructeur non seulement de soi mais aussi de la société, d’être le témoin impuissant du malheur, d’être l’artisan de la fête. Dans cette mutation constante, Jésus dit : « Courage j’ai vaincu le monde », ce qui signifie : ’Ayez le courage d’être humain comme j’ai eu le courage d’être humain’.
25 mai 2020
Les apôtres disent à Jésus : « Maintenant parce que nous croyons, nous comprenons ce que tu nous dis ». Jésus répliqua à-peu-près en ces termes : « Vous savez, la foi est fragile, les circonstances de la vie dans leur brutalité peuvent la mettre à mal pour un temps, voire la détruire définitivement ». L’histoire nous apprend que la vie communautaire est une nécessité pour avoir le courage de croire. La dispersion brutalise la foi et finit à la longue par la réduire en poussière. En plus du don de Dieu et de l’assistance des Saints, vivre la foi demande à chacun de veiller, de chercher, d’humblement prier et de prendre racine dans une communauté confessante.
17 mai 2021
« Moi, je suis vainqueur du monde » dit Jésus. Cela demande explication. La victoire du Christ n’est pas un triomphe, mais une offrande ; elle n’est pas une domination, mais un service de serviteur qui lave les pieds de son maître. Christ n’est pas un batailleur mais un pacificateur. Sa vie donnée est pacificatrice. L’aimer n’est pas tracasserie, mais confiance, douceur, patience, libération. Il ne s’agit pas de suivre un règlement mais d’aimer à plein bord. C’est très simple. On l’aime comme il aime lui-même. Nul n’est exclu.
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Jean 16, 23-28