Jean 21, 15-19

25 mai 2012

Vieillir dans la foi consiste non pas à se rigidifier mais à devenir souple, voire obéissant, pour se laisser conduire là où l’on n’avait pas prévu d’aller. Notre lieu d’accomplissement est au bout de la fidélité à l’appel et à la parole donnée. Obéir, se laisser guider par l’évènement pour, de l’intérieur, lui donner du souffle.

17 mai 2013

Ce ne sont ni les reniements, ni les fautes passées, qui empêchent d’être pasteur. C’est le manque d’amour actuel. A quelques niveaux que ce soient dans le peuple des baptisés, ce ne sont ni les fins administrateurs, ni les habiles stratèges, ni les meilleurs communicants qui doivent recevoir des responsabilités, mais ceux et celles qui, avant tout et plus que tout, aiment Jésus, sont ses intimes et marchent avec lui dans son offrande au Père. L’Eglise n’est pas une armée rangée en bataille mais des communautés de prophètes adorateurs, en communion les unes avec les autres.

6 juin 2014

Etre pasteur selon l’évangile c’est beaucoup plus qu’être un berger plein de talents qui administre un troupeau, l’encadre et s’assure de son « rendement ». Sous la houlette, le bon Berger applique son attention à ce que tout marche juste et que les brebis ou les agneaux ne s’égarent pas hors des clôtures et échappent aux loups ravisseurs. Le bon Pasteur est plus qu’un berger compétent. Il donne tout son temps et toute sa vie pour son troupeau. Il fait corps avec lui. Ni il ne l’effraie, ni il ne le tracasse.

22 mai 2015

Ce n’est ni l’air du temps, ni la stratégie pastorale du moment, ni même la compétence, ni encore moins le montant d’une prébende, qui motivent un appel à un ministère? mais l’amour préférentiel pour le Seigneur. Le Ressuscité insiste sur ce point. C’est parce que Pierre aime plus que tout Jésus qu’il est choisi pour être le « berger ». Dans l’Eglise du Christ, qu’il s’agisse d’un mini-stère ou d’un magi-stère, c’est d’abord la foi et l’amour qui guident le choix des électeurs et aussi la disponibilité intérieure et spirituelle de l’élu.

13 mai 2016

Ce chapitre 21 est bien étrange. Est-ce un petit supplément ? Qu’importe ! Prenons-le comme la parole inspirée par l’Esprit. Après le Repas du Seigneur préparé par le Ressuscité et partagé avec Lui, Jésus s’adresse à Pierre et ne lui demande qu’une seule chose : « M’aimes-tu vraiment ? » Si oui,  » sois le berger de  mes agneaux ! » C’est l’amour vrai, constant et sans cesse renouvelé ou répété, qui établit la primauté de Pierre. C’est pour cela – son amour vrai du Christ – qu’aujourd’hui, nous écoutons le pape. Il puise dans cet Amour la Sagesse. Ce n’est pas parce qu’il est considéré comme un chef d’état !

2 juin 2017

Sans cesse, Jésus, jour après jour, matin, midi, soir, Jésus nous interroge. Ce n’est pas un interrogatoire mais c’est un heureux appel. Car aimer le Ressuscité, c’est vivre avec lui en éveil. Se servir de notre amour, de notre intelligence, de notre conscience pour le rencontrer vivant dans le grouillement du monde ne va pas sans peine. Ajuster nos priorités, ne pas reporter nos rendez-vous avec lui, les autres ou l’histoire, est une aventure risquée ; se tenir à nos promesses d’amour, à l’action collective, réclame attention, finesse de jugement, invention, détermination persévérance, courage. Heureusement que le Christ nous demande plusieurs fois par jour : « M’aimes-tu ? ».

18 mai 2018

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Jésus insiste et pose trois fois la même question à Simon-Pierre. Chaque fois, après une franche réponse positive de l’apôtre, le Ressuscité dit trois fois : « Sois le pasteur de mes brebis ! ». Moment de vérité qui ouvre l’avenir jusqu’au martyre de Pierre. Dans l’Eglise qui se met au monde, toute responsabilité ne peut convenir qu’avec l’amour indéfectible que l’on porte au Christ. A tous les niveaux, ceux et celles qui acceptent d’exercer un service dans le peuple Dieu ne sont pas là pour faire carrière, récolter des honneurs ou mettre en place un système, mais pour être témoin d’un amour qui va le plus loin possible de l’offrande.

7 juin 2019

« M’aimes-tu ? »  Trois fois, Jésus interroge Pierre. Peut-être que ces trois interrogations veulent correspondre aux différentes phases du reniement de Pierre. Il se peut aussi que ces trois questions identiques soulignent que la mission de Pierre au milieu des apôtres est d’abord et surtout une pratique inspirée, non par le pouvoir mais par la gratuité de l’amour envers le Christ. Toute charge et service dans l’Église se nourrissent principalement de l’amour profond et non d’une stratégie de propagande et d’une organisation de type politique ou mercantile.

9 mai 2020

C’est la question que Jésus pose à tous les baptisés : ‘M’aimes-tu vraiment ?’. Après sa Résurrection, Jésus pose trois fois cette même question à Pierre qui n’est pourtant pas sourd. Mais le Ressuscité insiste sans doute pour lui donner le temps de réfléchir entre ces trois demandes. Ce n’est pas facile de répondre en vérité. En fait, Dieu seul le sait ! Nous, à travers nos soucis quotidiens, nous désirons aimer. Mais est-ce que nous y parvenons ? Ce n’est pas certain. Heureusement que le Christ nous interroge constamment. Alors, il nous extirpe de notre ronronnement journalier et nous vérifions humblement notre vrai comportement. Il est toujours temps de reprendre le « chantier de la foi »

21 mai 2021

Trois fois de suite, Jésus demanda à Pierre : « M’aimes-tu ? ». Pierre en fut un peu agacé : « Toi qui sais tout, tu sais bien que je t’aime ! ». Pourquoi donc cette insistance ? A cause du triple reniement de Pierre chez le Grand-Prêtre ? Peut-être ! Mais, ce me semble plus simple de relier l’interrogation de Jésus à sa confirmation du rôle de Pierre au sein de l’Église naissante : « Suis-moi ! ». Ce n’est pas un privilège que la primauté, c’est un acte de foi. « C’est parce que tu m’as suivi depuis la pêche miraculeuse, que tu m’as entendu tout au long du chemin, que tu as vu mes œuvres, que tu as affirmé ta foi sous l’impulsion de mon Père, que tu témoigneras de ton amour jusqu’au bout de ta vie, que, moi, le Ressuscité, je te donne cette mission ».

Appendice

25 mai 2012