Force m’est d’admettre que je ne connais personne qui se trouve dans cette dizaine. Il y a certainement quelques soignants qui se situent entre vingt-cinq et trente-cinq ans mais ils me restent étrangers. Nos rapports sont courtois et polis, voire aimables. Ils me connaissent selon leurs machines électroniques. Ce n’est pas rien, mais c’est tout autre !
Je ne connais pas le nom de mes petits-neveux et encore moins le prénom de mes arrière-petits-neveux. Je ne m’en plains pas. Le grand âge en est la cause. Il est sans doute impossible qu’il en soit autrement !
Mais je vis par ailleurs un grand étonnement. Je connais quelques personnes de quarante à cinquante ans, mariées ou célibataires, qui eux non plus, n’ont presque aucune relation avec les 25-35.
Je connais beaucoup d’hommes et de femmes qui sont à la retraite et sans relation avec les 25-35. Ils en entendent parler comme on entend parler des habitants de la Papouasie. Leurs enfants ou leurs neveux font des allusions à leurs copains ou copines. C’est peu mais c’est ainsi.
La société actuelle se confronte aux voyages, à la relation électronique, aux amours secrètes, à la vitesse des jours des mois et des ans, au lourd travail professionnel pour les hommes et les femmes. Les 25-35 sont peu syndiqués ou affiliés comme membres militants à des « corps intermédiaires » ; ils lisent peu et écrivent encore moins. On dirait que les personnes de 25-35 ans sont disloquées ou éparpillées ou encore plus justement « en miettes ». Chaque petit morceau de vie ne trouve pas une unité avec les autres.
A ce que je crois comprendre ou à ce que je m’imagine, peu ont envie de contribuer au progrès ou à l’évolution sociale ou religieuse de leur environnement. Quelques-uns cherchent à approfondir en eux une Sagesse venue de l’Orient, mais cela semble les verrouiller en un épanouissement personnel. D’autres, peut-être plus nombreux, s’engagent dans une évolution.
Si mon propos touche à quelque chose d’à peu près véridique, l’histoire d’une nation ou des Églises semble être ébranlée ou hoqueter. S’il faut trouver un remède, comment s’y prendre ? Ou faut-il admettre que cette décennie soit une césure et qu’elle ouvre l’Occident (au moins) à une tout autre culture encore plus individualiste ?
Personnellement, je pense que les quarante-cinquante doivent inviter leurs cadets de la décennie à ouvrir le dialogue à une nouvelle et véritable forme de vie sociale ou religieuse.
26 décembre 2020
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En politique, pas de mesure parfaite !