La crise catholique. Religion, société, politique en France (1965-1978), Paris, Payot, 2002, 321 p.
Ce me semble un ouvrage majeur pour comprendre les vicissitudes ecclésiales durant une quinzaine d’années en France (1960-1975). Le bouillonnement social, politique, culturel et religieux de ce temps explique le quasi immobilisme de notre fin de siècle. Les fortes tendances anarchiques ont entraîné en France dans les hiérarchies politiques, syndicales et ecclésiastiques une reprise en main pour éviter d’autres bouleversements de la pensée et de l’action.
La grande idée du “tout paroisse” n’est peut-être en fait que l’organisation du culte du dimanche avec la célébration de quelques mariages et de nombreux enterrements. Les courants et réseaux transversaux ont engendré la pagaille et suscité la peur. Il faut calmer la tempête ! Si les universitaires, les juristes, les scientifiques, les psychologues et les sociologues sont réduits au silence, s’ils n’ont pas de tribune, leur voix se perdra dans le “chacun pour soi” des trente-cinq heures et des départs en week end, des vacances et des ponts.
Le prophète aphone n’enchante plus les foules. Les idées s’évaporent avant de devenir propositions concrètes et mobilisatrices.
Le “tout paroisse” soutenu par le droit canonique, l’affaiblissement des ordres religieux exempts, l’éparpillement des réseaux sans pasteur, l’essoufflement de la formation philosophique ou théologique des jeunes chrétiens laïcs, conséquences funestes des années 1960-1975, anémient le tissu ecclésial catholique. Serait-ce une des techniques des « conservateurs » dans l’Eglise ?
J’ai beaucoup aimé l’étude de Denis Pelletier, surtout pour ce qu’elle ne traite pas explicitement mais suggère. Elle ouvre à une réflexion sur les années 2000.
16 novembre 2004
Article précédent
Portier Lucienne
Article suivant
Pehan Pierre et Cohen Philippe