Les soeurs de l’Enfant Jésus

Messagères de la cité sainte : les soeurs de l’Enfant Jésus, Lyon, Impr. Lescuyer, 1969, 194 p.

On m’a donné un livre intitulé “Messagères de la Cité Sainte. 1644-1672« .

C’est l’histoire de la fondation et du développement des Sœurs de l’Enfant Jésus. Parties du Puy-en-Velay, elles ont pris une large ampleur avant de connaître aujourd’hui un manque de recrutement et donc un vieillissement. Je retiens de ce livre l’audace de la fondatrice Anne Marie Martel, morte à 28 ans. Son idée était simple et géniale : regarder l’endroit où la vie se tricotait, où l’avenir jaillissait et se tenir modestement à ces croisements en priant, en offrant et en parlant de Jésus. Deux lieux au Puy semblaient importants :

– les assemblées où les dentellières novices et chevronnées se réunissaient,

– les sources où les femmes venaient chaque jour puiser l’eau nécessaire à chaque foyer.

Anne Marie Martel connaissait son temps, le pays qu’elle habitait, la coutume des habitants de la ville et de la campagne. Comme le Christ elle rejoignait ses contemporains dans leurs pratiques et leur mentalité et là, au milieu d’eux, elle agissait comme eux avec au cœur l’Evangile du Christ. Elle eut vite des compagnes.

Il y a quelques années le Père Hippolyte Largeron qui était le chancelier à l’évêché du Puy m’avait permis de percevoir la mentalité des Béates. J’ai retrouvé en Anne-Marie Martel l’organisatrice de cette mission permanente au sein du monde rural. Dans les écarts, loin du chef lieu, les paysans construisaient la maison de la béate. Quand elle était achevée, ils allaient en délégation chercher en procession une « sainte » femme qui acceptait d’habiter parmi eux et la ramenaient au hameau.  L’évêque l’avait bénie. La communauté des paysans l’entourait, la nourrissait, pourvoyait à tout ce dont elle avait besoin. Forte de la mission, de sa foi et de la foi des villageois, la béate encourageait les femmes par une sorte de formation permanente. Elle catéchisait les enfants, assistait les mourants, veillait les morts, organisait les assemblées de prière, sonnait la cloche de l’angélus. Elle gagnait sa vie en rythmant la vie selon la religion. Les béates furent un des éléments d’une forte implantation de la foi dans la région du Velay.

Notices bibliographiques

3 janvier 2004