Launay Marcel

Hélène de Chappotin et les Franciscaines missionnaires de Marie, Le Cerf, 2001, 262 p.

Si je n’avais pas lu d’autres livres sur la vie d’Hélène de Chappotin (1839-1904), fondatrice des FMM, j’aurais été tout à fait perdu dans le méli-mélo des affaires des congrégations féminines, de Rome, des vicariats apostoliques de l’Inde, des évêques de Saint Brieuc, des folles rumeurs, des jésuites et des franciscains. Il est évident que Marie de la Passion a reçu une grâce spéciale pour rester fidèle aux volontés de Dieu.

Je retiens de ce livre l’intensité missionnaire au XIXe siècle. La volonté de crier le Christ au sein des populations déshéritées des lointaines “colonies” anglaises ou françaises. Une aventure difficile avec des moyens plus que modestes. Seuls la foi et l’amour des pauvres ont pu faire entreprendre d’aussi longs voyages dans des conditions précaires. Quel courage !

Je suis toujours étonné de ce projet culturel et mystique qui désire s’imprégner totalement de l’amour du Christ. Mettre Jésus au monde pour que les humains participent au progrès et qu’un décalage catastrophique ne se produise pas entre les continents et les civilisations. Une idée de partage, une visée humanitaire, une démarche de pauvreté missionnaire, un désir de rayonner la foi, précipitent au XIXe siècle des milliers d’Européens vers des contrées à peine connues. Les missionnaires n’ont peut-être pas assez écouté et entendu l’apport original des peuples.

Il convient aussi de souligner la vocation victimale d’Hélène de Chappotin. Vivre le mystère du Crucifié pour le salut de l’humanité me semble avoir disparu de mon environnement. Plus personne ne me tient un pareil discours.

Notices bibliographiques

16 novembre 2004