Unification et cohérence intérieure

« Malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et, vous-mêmes, vous ne touchez pas ces fardeaux d’un seul doigt » (Luc 11, 46)

Je crois que, dans ces quelques versets du onzième chapitre de Luc, il est demandé :

Faire la vérité en soi est une entreprise mal aisée mais, au moins, nul ne peut se dispenser de reconnaître le décalage, voire la béance en soi, et d’essayer de tout son cœur d’y remédier. L’unification, toujours à poursuivre pour tout humain, devient conversion pour un baptisé.

Je crois que, dans la personne du Christ, il n’y a pas de décalage, pas de mensonge. Il est la « Vérité qui rend libre ». Recourir à son intimité et à son aide, c’est déjà faire les premiers pas vers l’unité de sa vie et la cohérence entre le discours auquel on est contraint par son statut social et la manière d’être personnel dans l’indigence que chacun connaît s’il est honnête et pas suffisant. En quiconque, il y a un combat. Cette lutte incessante et infinie pour la vérité est en même temps une école d’humilité en soi et de bonté vis-à-vis des autres.

Je crois qu’entre vie publique et vie privée, il y a un lien puissant, mais il est difficile à percevoir et à admettre, tant on s’aveugle soi-même par peur des exigences. L’unité d’une personne ne se réalise totalement que dans la résurrection. En chemin, il faut composer avec une part de mensonge et tenter de la réduire. Mais la conversion, c’est « justement » ne pas en avoir honte et ne pas s’en satisfaire. Une blessure à guérir !

Je pense que tout être humain tend avec plaisir vers une cohérence intérieure et je crois qu’un baptisé plonge cette cohérence dans l’adoration de l’un des mystères du Christ qui lui est particulièrement donné de vivre par grâce.

Croire en méditant

17 août 2025