1. Lendemain du 2ème tour des élections présidentielles

Dimanche soir, les résultats des élections présidentielles laissent apparaître un score confortable pour Jacques Chirac. Jean-Marie Le Pen améliore son pourcentage de voix, mais à peine.

Dans les discussions qui ont suivi la conclusion du scrutin, militants et responsables des partis politiques s’égosillaient comme s’il s’agissait d’une victoire de leur camp. Bien triste soirée qui nous tirait en arrière. Le coup de semonce du premier tour ne leur avait pas montré que le pays voulait être gouverné autrement.

Nous étions pourtant dans le jamais-vu. Un président élu à plus de 80% des voix. Mais ce pourcentage massif crée une situation ambiguë et suscite à bon droit des réflexions contradictoires. Plus de 30% des électeurs de gauche ont fait le succès éclatant de Chirac. Ils entendent maintenant recevoir leur juste part de récompense dans le gouvernement de la France. Les partis de la gauche voudraient bien priver le président de sa victoire trop cossue et plébiscitaire ; ils désirent récupérer leurs mises. Si ce n’est pas tout de suite, ce sera aux prochaines élections législatives. Majorité et opposition ont fait front commun pour éviter Le Pen, la droite et la gauche sont de nouveau divisées et chacune va s’efforcer d’éliminer l’autre, au lieu de chercher un nouveau consensus pour conduire le pays, réformer les institutions et rapprocher le pouvoir des citoyens.

Faut-il un gouvernement  » d’union nationale » ? J’en suis partisan, au moins pour quelques années. Je souhaite toujours qu’un membre de la société civile soit appelé au poste de Premier ministre comme le fut naguère Raymond Barre. Pourquoi pas quelqu’un comme Christian Blanc, teinté des couleurs politiques de Michel Rocard ?

J’ai la faiblesse de penser que, si quelque chose ne va pas dans le sens d’une union républicaine de style nouveau, la lessiveuse se remette à bouillir…

Dimanche soir, les chamailleries stupides recommençaient. L’incendie à peine éteint, les pompiers se volaient dans les plumes.

Aux présidentielles, le RPR a perdu près de 4.000.000 de voix et le PS 1.500.000. Je pense que notre pays souhaite être gouverné par un centre-gauche et un centre-droit qui s’entendraient sur un programme commun pour une législature.

Ma réflexion s’épuise. A une autre fois !