Luc 4, 30

Il va… Mission, vocation

L’Évangile selon Saint Luc souligne que Jésus, le Christ de Dieu pour les humains, est né, a grandi, s’est préparé, a marché avec des compagnons en ‘faisant le bien’ pour monter à Jérusalem. Au terme de son « pèlerinage », restant fidèle jusqu’au bout, il a révélé par son offrande et sa mort-résurrection, la bonté, le pardon et la présence permanente de Dieu qui s’étend à tous.

En Galilée, à Nazareth, Jésus se présente comme l’Envoyé de Dieu.

En Galilée, à Nazareth, ses compatriotes refusent de le reconnaître comme l’oint du Seigneur. Il est le fils de Joseph, un point, c’est tout !

En Galilée, à Nazareth, Jésus fait comprendre à ceux qui l’écoutent :

on se ratatine et l’on ne peut pas bénéficier du Souffle messianique.

Ceux qui sont rassemblés dans la synagogue deviennent furieux, poussent Jésus au bord d’un escarpement et veulent le jeter dans le vide.

Tout se passe comme s’ils ne supportaient pas que l’un d’entre eux soit « béni » de Dieu. Ils sont peut-être « jaloux » ou ne veulent rien recevoir d’un égal.

Au lieu d’être fiers et heureux de la visite de l’un des leurs, « ami de Dieu », ils sont suspicieux, aigres, et deviennent injustes et méchants. On peut supposer que leur regard sur Jésus, au lieu d’être admiratif, est soupçonneux. Pour qui se prend-t-il ?

D’une certaine manière, ils se défient de lui. Ils ne lui font pas confiance : « Il est trop semblable à nous ! Il est trop dissemblable ! » Comme si Jésus, par sa seule personnalité, creusait une différence qui leur est insupportable.

Ils ne se réjouissent pas. Ils veulent se « débarrasser de lui ».

 Mais lui,

traverse les critiques assassines,

passe au milieu d’eux, de ceux qui veulent le jeter dans le « vide » (l’inanité),

va, allant son chemin.

Il est bien évident qu’en 2010, dans la société civile, dans les Églises, voire dans les communautés chrétiennes, se passent des faits analogues à ceux qui se sont produits à Nazareth.

La bienveillance ou la foi n’est souvent pas assez forte pour entendre la parole et recevoir le témoignage des uns et des autres qui incarnent  en eux un message particulier, destiné à tous. 

La communauté véritable met en commun le don spirituel de chacun. Elle s’en réjouit. La vocation caractérisée de l’un et de l’autre devient une « présence réelle », un bienfait, un appel pour tous, afin que tous cheminent ensemble vers le Seigneur.

Chaque membre d’une « communauté confessante » bénéficie d’un aspect mystérieux du don de Dieu qu’il personnalise selon son tempérament.

Il n’en tire aucune gloriole. Il est comblé pour partager. Il n’est pas propriétaire, il est gérant. Il cultive pour tous ce qu’il a reçu gratuitement.

Dans l’imperfection, chacun vit le plus simplement possible son message particulier, sa « vocation » personnelle. Chacun se nourrit du don spécifique de chacun des autres.

Chacun est dans l’offrande et l’accueil. 

La communauté entière en profite et élargit au monde les bienfaits qu’elle reçoit par la médiation des uns et des autres. Chacun s’empresse de donner ce qu’il est.

Si le « diable » (celui qui divise) infiltre des sentiments de jalousie, d’orgueil, de suffisance, alors tous devront revenir à ce passage de l’évangile et supplier le Ressuscité de convertir leur cœur afin que chacun « passant au milieu des autres aille son chemin » et partage ce qu’il reçoit par grâce.