Luc 6, 5

Jour de ciel : un jour pas comme les autres

Sous la pression des « prêtres et des lévites  » pour célébrer le Jour du Seigneur, le Sabbat devint une institution forte après le retour de l’Exil, six siècles avant la naissance de Jésus.

Un peuple éprouvé, « pauvre », revenait de Babylone où, prisonnier, il travaillait dans l’esclavage.

Joie, allégresse, fête, liberté, offrande, action de grâce.

À l’époque d’Hérode, de Pilate, de Jésus, le Sabbat était devenu une prescription législative minutieuse imposant une multitude d’interdits pointilleux et étouffants :

étaient par exemple considérés comme autant de violations de la loi sur lesquelles les casuistes discutaient sans fin et se chamaillaient entre eux.

Sous le poids d’un ‘juridisme sacré’ la signification spirituelle s’était évaporée. C’est dans cette ambiance que des pharisiens s’offusquent en constatant  que les apôtres ont froissé dans leurs mains des épis de blé pour en manger les grains…

Tout cela, d’une tout autre manière, nous guette encore aujourd’hui.

Juridisme, légalisme, formalisme, rigorisme, ritualisme et tous les « systèmes ‘ismes’ » sommeillent en nous, rampent parmi nous. Ils sont toujours prêts à surgir comme les diables d’une boîte si, sous la pression de données nouvelles, on s’apprête à toucher à des institutions vénérables comme, par exemple, celle du Dimanche dans notre société française qui comprend pourtant de plus en plus de multiples traditions religieuses.

Avant de se hérisser et de se combattre entre camps adverses, on devrait bien revenir au fondement du repos hebdomadaire et analyser finement ce que fut pour  la société et la chrétienté d’occident le « jour » du Dimanche (sauf pour les citoyens préposés au service vital et urgent des autres et des industries). Il signifiait :

Au courant de mon écriture de l’aube, ce samedi, ce sont les principales raisons que j’ai trouvées. Celles-là (et sans doute d’autres encore) fondent pour tous les hommes et toutes les femmes le besoin d’un « temps humanisé par la liberté » en dehors des servitudes mercantiles, pour se construire, s’ouvrir, se cultiver, rendre visite, recevoir, partager, innover, dire merci… Il y a peut-être d’autres « verbes » à rajouter.

En terminant qu’il me soit permis de faire allusion aux ‘chrétiens confessants’ que je connais.

Comme tous les autres qui ne sont pas à la retraite, ils ont besoin chaque semaine d’un temps gratuit plus ou moins long (cf. ci-dessus).

Le sabbat  n’est pas forcément pour eux le « jour » du Dimanche.

Mais il  est indispensable que ce temps d’au moins 48 heures par semaine soit un temps ‘libéré’ et ‘réservé’ à une vue de foi

Moment prolongé, heures précieuses du Dimanche (ou d’un autre jour de « Fête hebdomadaire »), le Sabbat n’engendre pour un chrétien confessant ni contrainte, ni solitude. Temps de Ciel, poussière d’éternité, il ouvre à l’infini les horizons trop souvent bornés par l’immédiateté. Respiration aussi, pour « exister au large » comme un être « unique » au milieu d’autres semblables.

 C. Montfalcon

2009.09.05