Qualité de Présence
Ni magnétisme. Ni chamanisme…du moins je le pense et le crois, mais présence attentive, disponible, solidaire, de Jésus.
Il est envoyé, il est venu, il partage notre nature humaine et l’assume. Il s’approche de nous, pour que nous nous approchions de lui au point de le toucher afin de guérir de tout ce qui nous empêche d’être pleinement nous-mêmes.
Nous sommes mélangés, ambigus, au point parfois de ne pas pouvoir réaliser ce que nous voudrions et aimerions faire. Il arrive même que nous estimions qu’il serait bon pour nous et les autres, d’agir de telle ou telle manière, et nous constatons qu’il y a en nous comme un frein.
Pour faire correspondre au plus juste désir et action, nous devons lutter, franchir des obstacles, ne pas renâcler, sauter dans une sorte d’obscurité, aller de l’avant. Ne pas nous laisser piéger par nos caprices, nos sentiments de fatigue, nos générosités mensongères, nos justifications douteuses, notre égoïsme larvé, nos petites folies, est un vrai travail, un immense chantier. Dépasser notre ambivalence naturelle est un vrai combat, une lutte constante, un affrontement permanent. C’est là sans doute la VIE HUMAINE DANS TOUTE SA GRANDEUR.
À cette jointure secrète cachée au fond de notre personnalité se trouvent l’ajustement intérieur à réaliser et le besoin insatiable de guérir ; même si nous n’y parvenons jamais totalement…nous en découvrons la dynamique bienheureuse…
La phrase de nos actions, (sa construction et son articulation) est amphibologique, nous avons sans cesse à chercher le vrai sens, le retenir et nous y conformer. Ce n’est pas gagné d’avance. Il y a souvent en nous comme des ‘résidus’, des poussières d’inachèvement…ce n’est pas une catastrophe mais simplement un « aiguillon » dont nous ne nous séparerons pas.
« Je suis maître de moi, comme de l’Univers », n’existe que dans Cinna. Pauvre Auguste !
Je crois que le Christ ne supprime pas les forces opposées qui s’agitent au-dedans de nous, mais je crois que la qualité de sa présence et sa proximité à chacun, donne la force d’assumer paisiblement les contraires qui s’affrontent en nous et de vivre sereinement ainsi à plein bord. C’est sans doute cela la force qui surgit de lui et guérit ceux et celles qui s’approchent de lui.
Bien souvent, j’ai constaté chez les soignants de toutes professions et les éducateurs de toutes sortes, du moins chez ceux qui aiment leurs « professions de sollicitude », une certaine paix contagieuse. À partir d’eux, une présence reposante, tranquille et calme se faufile jusque chez les patients qui bénéficient de leur bienveillante proximité. Ils font naître le courageux désir de guérir, c’est-à-dire d’utiliser ce qui se bat chez tout homme et toute femme pour trouver la force de se lever et de rester debout devant tout le monde afin d’agir au mieux.
12 septembre 2009
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