La montagne : un symbole. Le ciel rencontre la terre. Rendez-vous de Dieu
Dans la Bible, on peut dégager une symbolique à partir de la montagne.
Certes, même s’il faut bien se garder d’« absolutiser » le rôle des symboles, on ne peut se dispenser de reconnaître qu’ils articulent les éléments d’une culture. Ils véhiculent une signification et réclament une interprétation personnelle sur un fond commun.
À bien regarder, par exemple, les évangiles synoptiques on peut découvrir la place que tient l’image culturelle de la « Montagne » dans l’approche de Dieu. Pour illustrer sommairement ce propos, il suffit de se remettre en mémoire, mots, phrases, situations :
Prendre de la hauteur discours de la béatitude dans Matthieu 5.
Gravir ascèse. Pénibilité pour accéder.
Escalader s’assurer des points d’appui pour monter.
Efforts ambigüité du désir humble et de la démesure orgueilleuse.
Risques à Nazareth. La foule voulu précipiter Jésus dans le vide.
Prière appel des apôtres à monter le rejoindre.
Solitude mont des oliviers. Lutte. Abandon. Tristesse.
Vaste horizon Horeb, prophétisme d’Elie.
Relief Jérusalem-Sion. Monter à Jérusalem. But d’un parcours vital.
Alliance avec le « Très Haut » Sinaï. Discussion Fidélité réciproque promise.
Permanence des deux Testaments Transfiguration.
Alliance avec l’Esprit du Christ Ressuscité « Les onze disciples s’en allèrent en Galilée à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre ».
Cette énumération ne désire pas convaincre mais appeler à réfléchir
Il n’y a pas de vie communautaire possible sans un minimum de références symboliques réciproques.
Il n’y a pas de prédication évangélique sans des expressions qu’un auditoire peut percevoir. Symboles, paraboles, comparaisons, images, gestuelles que chaque personne et toute la communauté peuvent entendre, comprendre et intérioriser, sont nécessaires.
La mystique chrétienne la plus sublime ne peut être proposée qu’à travers l’évocation de réalités terre à terre susceptibles de conduire jusqu’à la décision libre « des gens » qui font le choix de croire.
Je crois que si les « baptisés confessants » désirent annoncer la Bonne nouvelle à leurs contemporains, ils ne pourront accomplir leur mission qu’à travers des symboles communs.
Je crois que si les « chrétiens » ne sèment pas assez le grain de l’évangile c’est parce qu’ils parlent à la cantonade avec des clichés usés et troubles. Ils ne se font pas comprendre simplement. Leurs propos sont tellement étrangers à une culture commune, que même à travers leur sainteté, ils n’ont pas « d’accroche » avec ceux et celles qui sont près d’eux.
Je pense que les symboles communs ont construit des réseaux communs où les « gens » peuvent se parler parce qu’ils ont à peu près les mêmes références culturelles. Ce n’est pas la profession qui fait automatiquement l’entente, la connivence, la possibilité des dialogues essentiels, ce sont :
S’il n’existe pas de réseaux, la ville est une tour de Babel : on habite un lieu de la confusion, de non dialogue, d’isolement.
Ce n’est pas la foi qui est forcément en crise, c’est peut-être d’abord la culture urbaine et qu’en suite, la hiérarchie catholique n’a pas su avec le peuple discerner les filons culturels assez « porteurs » pour véhiculer la foi…
« Yahvé, qui entrera sous ta tente, habitera sur ta montagne sainte ? » Psaume 15 (14)
28 octobre 2010
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