Luc 12, 13-21

22 octobre 2012

La société se charge de mettre en place des juges impartiaux et des notaires honnêtes. Jésus refuse cette fonction. Ce n’est pas son domaine : saine laïcité. Jésus demande la conversion des cœurs et la droiture des consciences. Il appelle à l’intériorité de l’amour fraternel et de la vie sociale.

4 août 2013

Les héritages dans certaines familles sont une rude épreuve. Ils font naître parfois des comparaisons, des jalousies, des rancunes tenaces. L’argent et les biens de ce monde ne sont ni mauvais, ni bons. Ils « chatouillent » seulement notre volonté de puissance et notre désir de posséder. Souvent, en ce domaine, nous pouvons devenir insatiables. Mais ce n’est pas l’argent qui est peccamineux, c’est notre cœur. Bienheureux argent qui nous révèle notre cupidité et nous incite à la conversion en Christ : pauvreté, partage, pardon, aumône, justice.

21 octobre 2013

Nous les ‘mortels’, nous pouvons facilement devenir inquiets, voire obsédés par notre fragilité. Nous cherchons parfois dans des moyens pécuniaires ce qu’ils ne peuvent pas nous donner. Certes, il ne s’agit pas d’être insouciants mais de mettre toutes choses à leur vraie et juste place. L’argent que nous avons honnêtement gagné est à nous. Nous en sommes  « gestionnaires consciencieux» pour nous et pour les communautés humaines auxquelles nous appartenons par solidarité. Il est sage et évangélique de s’interroger soi-même et peut-être de demander des avis à des amis probes et éclairés par une vie « pauvre », pour répartir nos biens avec générosité et discernement. Faisons simplement attention : nous pouvons être insatiables !

20 octobre 2014

Les hasards de la vie, la ‘bonne fortune’ de la naissance, le courage du travail, la chance d’avoir de bons collaborateurs ou de bons professeurs, peuvent arriver à combler de biens quelques-uns plus que d’autres. C’est comme ça ! Mais ceux ou celles qui ont beaucoup reçu doivent beaucoup donner. Ils ne sont pas riches de spiritualité, de connaissances ou d’argent pour eux-mêmes. Ils ont la charge exigeante et difficile de partager et de donner, s’ils veulent être à leur niveau les intimes de Dieu et le Corps du Christ, don de Dieu.

18 octobre 2015

Dieu nous aime trop et nous fait tellement confiance qu’il n’intervient pas directement dans nos rapports humains. Il ne remplace ni le notaire, ni le policier, ni l’enseignant, ni le soignant… Il donne bonté, douceur, justice fraternité, pour que chacun exerce dans son office la plénitude de sa conscience compétente. Il appelle tout un chacun à vivre les valeurs humaines. Si quelques-uns au nom de tous lui rendent grâce, c’est comme si tous lui disaient merci.

31 juillet 2016

La mission de Jésus n’est pas de régler les litiges qui surgissent entre les héritiers, mais d’éclairer les consciences et de concilier les cœurs. Il n’est pas venu sur terre pour dire le droit mais mettre les choses de la société à leur juste place. Il souhaite que les humains ne se laissent pas posséder et aveugler par le désir de puissance que donne la possession de biens pourtant périssables. Il est capital pour un baptisé de se demander s’il ne méprise pas l’argent, lien social indispensable pour la vie en société, ou si, au contraire, avide de posséder pour soi seul une éphémère sécurité, il n’entasse pas des biens qui ne l’empêcheront pas de mourir. Il lui est indispensable de juger chaque jour ce qui est juste, proportionné, bon, véritable, pour lui et pour autrui.

17 octobre 2016

Le Christ n’est pas un notaire qui règle les successions selon les lois de la cité : il a trop de respect pour la laïcité et les organisations que les humains mettent en place pour régler leurs relations citoyennes. Par contre, il aime avec passion chaque personne pour la mettre en garde envers l’avidité de l’argent, les zizanies qu’il suscite et les rêves démesurés qu’il engendre. Rien ne vaut la relation courtoise, juste, affectueuse, lors des successions. Attention ! L’argent devient facilement un faux dieu qui ligote les cœurs, déchaine les haines, ravage les familles, déploie les mauvaises ambitions.

23 octobre 2017

L’argent est bien pratique pour faire les commissions et vivre sans angoisse du lendemain. De plus, il est symbole du travail, de la justice, du partage. Il n’est pas sans grandeur mais, comme tout ce qui est puissant, dangereux et utile, il ne faut ni le gaspiller, ni en être avide, il faut savoir le réclamer avec humilité, le répartir avec cœur, le gagner pour le bien de tous. Son abondance est une ‘épreuve’ qui doit devenir une ‘preuve’ de générosité et d’égalité fraternelle. Il n’est pas un bien que pour soi. Son usage nous révèle réellement le fond de notre cœur.

22 octobre 2018

« Gardez vous de toute avidité ». Posséder toujours plus peut devenir une fièvre dangereuse, voire une addiction qui s’empare d’une personne et la ravage. Certes l’argent est pratique pour faire les commissions et se mettre à l’abri d’un coup dur. Je ne connais qu’un remède à la maladie de la possession pécuniaire : l’aumône régulière et bien orientée. Il ne s’agit pas d’aider seulement quelques malheureux ici ou là, mais de contribuer par son offrande à mettre dans la société plus de justice et de restauration collectives. Chacun, au lieu de rêver à toujours plus posséder, s’applique à choisir selon sa conscience la source sociale qu’il fait abonder.

4 août 2019

L’argent n’a pas fini de polluer les héritages et d’en transformer quelques-uns en luttes fratricides. « Il ou elle reçoit plus que moi, il ou elle a magouillé pour toucher une somme supérieure à la mienne ». Jésus en parle et dénonce cette pratique du pouvoir de l’argent-roi que rien ne relativise. Tout se passe comme si les biens pécuniaires prenaient une valeur absolue et détrônaient Dieu. Même parmi les baptisés chrétiens, la possession de l’argent aveugle et transforme les héritages en champ de bataille. Ni  la mort, ni la Résurrection ne calment les esprits et n’apaisent les cœurs. Seigneur, prends pitié !

21 octobre 2019

Être un ‘riche’ selon l’amour de Dieu est un pari difficile. La gestion de ses biens pécuniaires ou intellectuels, voire spirituels, demande une attention constante et délicate. Il s’agit de ne pas écraser autrui par ses libéralités ; il faut promouvoir chacun selon son désir d’épanouissement et, en plus, ne pas se satisfaire du bien des individus, mais de la société entière. Quelle que soit « notre » richesse, elle ne nous appartient que si nous la partageons avec justice et délicatesse jusqu’au seuil de notre propre ‘pauvreté’.

19 octobre 2020

En plus de l’épreuve du deuil, il arrive que les héritages soient sources de mésentente. Les rancœurs de jadis se ravivent à ce moment-là. Jalousie danse avec cupidité. Pour échapper au sordide, les brouilles se parent de justice. Les avocats et les notaires déploient leurs talents. On ferait bien d’invoquer Jésus pour calmer l’âpreté des relations belliqueuses entre les bénéficiaires.  Il n’est pas un homme de loi. Plaçons le débat sur un autre plan, plus intérieur : celui de l’avidité pécuniaire. Que chacun s’interroge sur les mobiles qui le tourmentent et entre dans une discrète pénitence personnelle qui ne regarde que sa propre conscience. Après, on verra ‘bien’ et ‘mieux’ !