10 mars 2012
Quitter la maison de son père pour, avec présomption, se mettre à son compte et virevolter dans les zones ombreuses de l’humanité ne devient catastrophique que si l’on a oublié l’adresse de la clémence où le Père attend, sourire aux lèvres et cœur sur la main.
10 mars 2013
Dans la patience affectueuse, le père attendait son fils ingrat qui, sous prétexte d’une fausse liberté, avait quitté « la maison » et avait dilapidé une partie de l’héritage familial dans des « commerces » plus ou moins scandaleux. Le père au cœur tendre et compatissant ne fait pas qu’attendre son fils. Dès qu’il le voit de loin prendre le chemin du retour, il court à sa rencontre, le couvre de baisers. Non seulement il ne lui fait aucun reproche, mais il ordonne la fête générale. Le baptisé agit de la sorte vis-à-vis de ceux qui l’ont offensé et rejeté.
22 mars 2014
Le retour de l’enfant qui avait « gaspillé » le bien de son père ne se termine pas sur la joie des embrassades au seuil de la maison. « La fête commence » et tous ceux qui habitent avec le Père chantent et dansent. Le bonheur du Père est communicatif, il est « communautaire ». Le frère « jaloux et renfrogné » refuse d’entrer dans la joie. Il ne veut pas participer à la fête. Il rumine sa rancœur. Le Père a beau se déplacer et supplier ce fils et ce frère. Rien y fait. La convoitise doublée du dépit est-elle donc une prison absolue fermée à double tour ? C’est affreux et tragique.
27 février 2016
Le fils ainé est engoncé dans la bonne conscience de son travail régulier et bien fait. La bonté de son père ne fait pas que le dérouter, elle le révolte, au point qu’il il ne veut pas se mêler à la fête de l’accueil et du pardon. Il n’a pas compris la tendresse. Il se cramponne à la logique du serviteur qui a droit à des égards. En lui, pas de compassion pour son frère : « Il n’avait qu’à faire comme moi ». Pauvre frère ainé ! Si tu devenais lucide et que tu demandes pardon de ton ignoble jalousie, ton Père te comblerait toi aussi. Pourquoi refuses-tu ?
3 mars 2018
« Je meurs de faim ». Ce fils croyait qu’il fallait faire une expérience de liberté et se libérer de la tutelle de son Père. Il veut partir et vivre à sa guise. Rapidement, il est démuni, tant il gaspille ce que lui a donné son père. Il fait l’expérience de la pauvreté, voire de l’indigence. Il découvre que chez son père il était plus libre que dans ses égarements. Alors, dans le dénuement, il entrevoit où séjourne la liberté. Elle n’est pas dans fantaisie débordante. Alors il se « lève » et prend le chemin du retour. Il part chez son Père. L’amour de l’accueil et la joie du pardon le comblent. Il est libre. Il entre dans la fête.
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Luc 15, 3-7