10 octobre 2012
Nous ne demandons pas au Père de toutes les bonté d’écarter de nous les tentations, nous deviendrions inhumains, mais de nous donner Son Esprit pour repérer les fausses pistes qui nous détournent de son amour et pour avoir la force, le cas échéant, de rebrousser chemin.
9 octobre 2013
C’est parce que Jésus prie et que ses disciples le savent assidu et heureux de prier qu’ils lui demandent de leur apprendre la relation à Dieu par la prière. Jésus leur révèle le Notre Père mais, au delà d’une formulation aussi pleine et belle soit-elle, le Christ convie ses disciples à se tenir en présence de Dieu et à transformer leur vie quotidienne en une « familiarité » avec le Seigneur. Pour donner à d’autres envie de prier, il faut prier soi même. C’est banal et évident.
8 octobre 2014
La grande nouveauté de la prière que Jésus apprend à ses disciples, c’est que, dorénavant, étant intimes de Jésus et réellement ses frères, ils vont s’adresser à un Dieu qui est vraiment leur Père. Ils ont avec lui une relation intime, un lien d’amour. La fécondité de Dieu les engendre. Les baptisés sont de la famille de Dieu. Ils en ont les droits et les devoirs. Ils en sont les héritiers. Ils reçoivent de lui en nue-propriété ses infinies grandeurs et ils peuvent transmettre ses biens : la tendresse, la bonté, le pardon, la miséricorde. Ils sont frères et sœurs avec tous les humains. Ils ne leur est plus loisible de se chamailler entre eux. Ils ne peuvent que s’aimer et leur faire part de la Bonne Nouvelle qu’ils portent en eux.
5 octobre 2016
« Ne nous laisse pas entrer en tentation ». La tentation suprême serait de nous prendre nous-mêmes, les humains, comme des « parfaits », des « illimités, », des « infinis », échappant au temps et à l’espace. La tentation suprême serait d’estimer que Dieu n’est pas notre source éternelle alors que, tandis que nous sommes pèlerins terrestres, il nous aime d’un amour libérateur pour nous rendre pleinement humain. La tentation suprême serait de nous vautrer dans notre insuffisance sans la reconnaître en vérité. La tentation suprême serait de nous enfermer sur nous-mêmes et de ne pas accueillir le Christ qui, en partageant notre nature, nous a révélés, dans nos cultures humaines changeantes, la Résurrection qui conduit jusqu’à la stable relation parfaite de l’amour trinitaire.
11 octobre 2017
Les prières prononcées sont des mots imprégnés de cœur, de vérité, d’intelligence, de liberté courageuse pour l’action, qui s’adressent à Dieu pour créer en soi un esprit de foi, de révérence, d’espérance et d’amour à l’égard du Seigneur attentif à chacun. La prière peut se réaliser dans le total silence contemplatif. La prière pour les humains est nécessairement marquée par le temps, la corporéité, la solidarité. Les chrétiens la réfèrent toujours au Christ parce qu’ils croient qu’il est le véritable chemin qui va de chez nous jusqu’au mystère de la personne de Dieu.
10 octobre 2018
« Apprends-nous à prier ». Intrigués et peut être émerveillés, les disciples voient prier Jésus et lui demandent de les initier à prier comme lui. Le Christ leur dit que, d’abord, il faut s’adresser au Père commun à tous, à « notre Père ». Dieu est source. Il engendre éternellement tous les humains en les orientant vers lui qui est au ciel. Ils ne sont pas parfaits, mais il les invite à le rejoindre. De sa bonté bienfaisante, nul n’est exclu. Dans le temps comme dans l’éternité, les hommes et les femmes sont appelés à régner avec lui. Son pardon et sa générosité les comblent. Le Père les garde dans son amour. Nouveauté de jadis, d’aujourd’hui et de demain, nous avons un Père qui nous aime, nous écoute. Il est bon et patient avec nous.
9 octobre 2019
Le ‘notre Père’ formule en quelques phrases l’adhésion reconnaissante des humains à l’immensité d’amour du Dieu Trinitaire : source éternelle, proximité créatrice, esprit de paix et de tendresse miséricordieuse. Réciter cette prière seul ou en communauté de baptisés chrétiens enracine en chacun l’adoration, la gratitude, le fondement de la charité fraternelle. Dire le « notre Père » est une prière par cœur et non une habitude ponctuelle.
7 octobre 2020
Jésus priait. Souvent, il se mettait à l’écart et, seul, priait. Les apôtres voyaient cette pratique ; intrigués, ils se demandaient comment l’imiter. Ce n’était ni la prière exercée à la Synagogue, ni tout a fait celle enseignée par le Baptiste. Quelle était donc celle que Jésus affectionnait ? Jésus leur révéla alors le Notre Père. Se mettre humblement devant Dieu-Père et lui demander de l’aimer plus que tout en osant le tutoyer, lui le Tout Autre, comme on le ferait avec un ami intime. Après avoir rappelé son amour pour les humains vient l’audace de lui demander la force de l’aimer comme il nous aime. C’est autour de ces phrases que se formule notre relation.
6 octobre 2021
« Pardonne-nous nos péchés ». Je comprends cette formulation et la prie, mais j’aurais préféré : « Accueille-nous, comme nous sommes, « imparfaits », comme, les uns et les autres, dans le déroulement du temps, nous tentons de nous accueillir imparfaits ». Car notre grand désir est de ne faire en nous plus qu’un, de réduire notre éparpillement primesautier. Ce qui est vrai pour chacun est aussi ce que nous souhaitons pour notre vie commune. Nous aimerions vivre sur terre entre nous une approche de la vie trinitaire : une relation qui réalise l’Unité Parfaite.
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Luc 11, 1-13