Jean 12, 24-26

10 août 2013

Dans le monde où nous vivons à longueur de journée, beaucoup de personnes, si ce n’est pas la plupart,  sont sans préoccupation religieuse ou métaphysique. Elles sont souvent saturées de propagande, publicité, communication internet. Les baptisés-confessants doivent renoncer à être des sergents recruteurs. Ils sont appelés à être témoins à la fois enfouis et solidaires, minoritaires au sein d’un monde dans lequel ils apprennent à mourir pour porter un fruit qu’ils ne verront peut-être pas.

10 août 2015

Le grain de blé trouve son épanouissement en s’ouvrant et en puisant dans le sol par ses racines qui l’attachent à la terre ce qui le conduit jusqu’à la fête de la moisson. Sa joie, c’est la nourriture des autres. Des grains dans un sac sont une puissance inachevée. Ils ne fructifient que s’ils se fixent avec d’autres dans un champ. Qu’importe la qualité plus ou moins grande de la Terre ! Les seuls véritables ennemis du développement sont les ronces, les cailloux, les moineaux.

10 août 2016

Il ne s’agit pas de tomber en terre pour pourrir, mais pour germer, grandir, s’épanouir et porter du fruit. Le secret du baptisé n’est pas de s’enfouir pour se mettre à l’abri du monde, mais de vivre humblement la dynamique d’amour qu’il porte en lui par le don de la foi. Qu’il soit connu du grand public ou ignoré, là n’est pas la question, pourvu qu’il soit offert à la manière du Christ et qu’avec lui, sa vie devienne un signe d’amour que beaucoup puissent lire et qu’ils discernent le sens de leur marche.

10 août 2017

Laurent est mort martyr, c’est-à-dire témoin de Jésus-Christ qui va jusqu’au bout de son oblation. Mystérieusement, l’offrande suprême devient semence qui porte beaucoup de fruit. Même si actuellement on tue encore pour détruire la foi, heureusement les assassinés à cause de leur foi en Christ ne sont pas très nombreux. Par contre, je crois que chaque baptisé risque un jour ou l’autre d’être moqué ou maltraité parce qu’il est disciple de Jésus et que son comportement évangélique est un témoignage clair qui interroge son temps. Pardonner à ceux qui font souffrir autrui parce qu’il ne supporte pas sa foi est déjà une sorte de martyre : offrande cachée débordante de promesse.

10 août 208

« Servir et suivre ». Ces deux verbes, si, dans la foi, on les choisit pour orienter une manière de vivre au jour le jour, alors on entre dans une démarche qui trouve sa force dans le Christ Serviteur. Les serviteurs (et non les esclaves) entrent,  à plein temps, dans les projets de leur maître pour, comme lui, les faire réussir. Se mettre à la suite de Jésus ou marcher avec lui, c’est accepter librement ce qu’il propose : être comme lui l’envoyé du Père. On devient messie avec lui et par lui. Dans l’aujourd’hui de la culture ambiante, on incarne sa présence. L’Esprit qu’il donne met chacun et tous au monde pour faire réussir non seulement l’humanité, mais la création entière.

10 août 2019

Pour chaque baptisé chrétien, il est bon de s’interroger sur la fécondité de sa vie évangélique. Il ne s’agit ni de s’éplucher, ni de compter les pas de son élan missionnaire, mais simplement d’oser dire à soi-même, à un (ou une) confident comment se creuse en lui ou en elle, une « spiritualité » qui l’irrigue dans tous les secteurs de sa vie. Étant donné ce qu’il (ou elle) est, qualités ou lacunes, chacun est appelé à mettre en œuvre sa communion avec le Ressuscité. Cette démarche de vérité avec soi-même suffit. L’Esprit fera le reste pour féconder son témoignage.

10 août 2020

Les humains sont aussi des terreux. La naissance les situe dans un monde terreux. Ils y prennent racines et grandissent ; ils s‘épanouissent dans une culture terreuse, mais ils ont la possibilité de produire des fruits plus délicieux et plus savoureux que selon leur nature. En chacun d’eux, un germe de bonheur subtil dépasse le temps terreux ; ils ont la possibilité d’aimer et d’offrir. Ils se dépassent et touchent à l’infini. C’est la foi que Jésus propose à leur liberté.

10 août 2021

Offrir, puis donner tout ce que l’on est, ce que l’on a et ce que l’on devient, trouve sa source dans l’amour véritable. C’est là aussi que germe la fécondité, celle de la naissance des enfants, mais aussi celle qui engendre une autre descendance, tout à fait spirituelle. On l’appelle aussi témoignage. Il faut qu’il soit reçu pour prendre corps personnel et communautaire. C’est notre grand honneur d’être aimé de Dieu et de rejoindre par le Christ la relation trinitaire.