Jean 12, 1-11

2 avril 2012
Lazare, guéri de la mort, ne sent plus mauvais. Il est invité avec Jésus. Pendant le repas convivial, Marie répand le parfum de la tendre délicatesse. Il y a de la Résurrection dans l’air. Marthe servait après avoir préparé la nourriture pour tous. Il y avait aussi des curieux qui ne voyaient pas l’essentiel.

25 mars 2013
Marie, par son geste d’amour envers Jésus, remplit la maison entière du parfum de l’offrande sans mesure. Jésus n’a pas de prix pour elle. On est dans l’au-delà du raisonnable. On frôle le tout de la mort et de la résurrection. Parmi la grande foule qui vint à Béthanie, beaucoup était plus poussé par la curiosité envers Lazare que pour rencontrer Jésus. Deux attitudes : Marie aime Jésus, les curieux sont à la recherche du merveilleux. Message de toujours.

14 avril 2014
Marie avait pris une livre de parfum très pur et de très grande valeur. Elle oignit les pieds de celui qui avait marché et s’était lassé pour tous les humains dont il partageait la vie tragique. Elle ne prit pas un linge pour essuyer les pieds de Jésus. Elle se compromit aux yeux de tous. Ses cheveux, symbole de tout son être, furent tout à la fois signe de tendresse et linge de délicatesse. Judas, le comptable, ne comprit pas. Jésus le miséricordieux accepta l’offrande et en fit une annonce prophétique. Toute la maison fut remplie de l’odeur du parfum.

30 mars 2015
Je ne sais si la Marie dont Jean parle ici était la sœur de Lazare, mais qu’importe ! C’était une femme qui aimait Jésus avec toute sa sensibilité. Elle avait pour lui un amour débordant qui ne savait pas financièrement compter. Je comprends que tout ce qu’elle lui offre dans son geste un tantinet fou et provocateur embaume toute la maison. On ne peut pas ardemment aimer Jésus sans que cela change aussi l’atmosphère environnant. C’est même un des critères du véritable amour du Christ, il est toujours social.

21 mars 2016
Judas l’Iscariote avait été choisi par Jésus. Il avait marché avec lui plusieurs années. Il allait participer au dernier repas de Jésus. Il se nourrira du pain de vie… Alors, pourquoi trahira-t-il ? Jean pense qu’il était voleur ? Je ne sais pas ! Moi, je crois simplement qu’il préférait une bonne administration religieuse à une religion d’amour, de pardon, d’offrande et de clémence. C’était sans doute un bon organisateur, mais sans doute cela ne suffit pas pour être un « véritable » disciple du Christ. L’Amour est toujours un peu pagailleux, il préfère la douceur à la rigueur.

10 avril 2017
Si l’argent est un mauvais maître et un bon serviteur, si, dans un même élan, nous sommes à la fois de bons gérants de la fraternité humaine mais aussi des amoureux excessifs avec un brin de folie généreuse, nous devons porter sur nos moyens pécuniaires un regard avisé pour gagner honnêtement de l’argent comme une réserve disponible de puissance à distribuer, pour le gérer avec un discernement aigu, et, autant que faire se peut, le donner afin signifier à notre propre conscience nos priorités régulées par notre foi baptismale. Garder quelques économies consiste à réparer des brèches en nous et autour de nous. Il peut y avoir des urgences d’intervention. « Des pauvres, vous en aurez toujours ».

23 mars 2018
« Les grands prêtres décidèrent de tuer aussi Lazare ». Lazare n’était coupable de rien. Jésus était son ami et l’avait tiré simplement de la pourriture pour le rendre à l’affection de ses sœurs. Parce qu’elles aimaient constater de près le merveilleux, les foules voulaient voir Lazare. De nos jours encore, il arrive parfois que les amis de Jésus, vivant au fil des jours par la puissance du Christ, attirent l’attention jalouse et dérangent les ‘grands prêtres’ somnolents de la tiédeur et infatués de religion. Ils veulent se débarrasser des témoins paisibles qui disent seulement par leur journalière présence la grandeur de l’affection gratuite du Ressuscité. On les tracasse faute de pouvoir les fracasser. On ferait mieux de recevoir leur message et de se convertir.

15 avril 2019
On lui avait donné le soin de gérer les comptes de la bande des Douze. Alors Judas comptait. Etait-il voleur pour autant ? Jean le prétend… Ces deux tempéraments n’étaient pas faits pour se comprendre ! Reste que Marie, la Sœur de Lazare, aimait Jésus et voulait le lui signifier. Rien n’était trop pour elle : ni les dépenses somptuaires, ni les gestes de tendresse. Dans ce climat heurté de sentiments contradictoires, flottait dans la maison un parfum subtil qui dominait tout.

6 juin 2020
Mathieu nous dit que Marie, la sœur de Lazare, vint au repas qui fêtait le retour à la vie humaine de son frère avec une livre de parfum très pur d’une grande valeur. Marthe s’occupait du repas. Marie, pleine de tendresse pour Jésus, répandait le nard sur ses pieds. Les invités du banquet réagissent différemment. Judas parle « gros sous », Jean en profite pour critiquer vertement son frère du collège apostolique, des grands prêtres murmuraient entre eux : ‘Il faut tuer Lazare’. Dans cette atmosphère trouble, le geste de Marie et l’odeur délicieuse du parfum s’estompent. Jésus met un peu d’ordre dans ce contexte étrange. Il se contente d’ouvrir l’avenir du côté de l’Ensevelissement-Résurrection et de l’Aumône essentielle : parfums d’amour.

29 mars 2021
La remarque grinçante de Judas pose une vraie question. Quand y a-t-il gaspillage insensé ? A quoi peut-on discerner un excès patent dans la dépense pour une fête, un bonheur, une joie qui dit l’amour ? Ce n’est pas si simple à évaluer ! Jean l’évangéliste n’a pas d’affection pour l’Iscariote. Il le soupçonne d’être un voleur, ce qui peut être vrai, mais il a, au moins, le mérite de poser à haute voix la question de l’argent et de l’aumône. Je ne sais pas au juste ce qui est folie, ladrerie ou simple dépassement du bon sens. Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney en personne, achetait des chasubles hors de prix parce que rien n’était trop beau pour célébrer l’Eucharistie ! En ce domaine délicat, je pense que le dialogue en communauté-confessante est la seule solution pour bien gérer les décisions pécuniaires importantes. Hélas, ces sujets ne sont pas, ou presque pas, débattus entre des chrétiens qui, pourtant, s’estiment les uns les autres.