Jean 15, 18-21

12 mai 2012

Le Christ affirme à ses disciples qu’ils ne sont pas plus grands que lui, mais qu’ils vivront le même mystère que lui. On les persécutera, mais aussi on observera leur parole comme l’on a observé la sienne.

4 mai 2013

Comme le Christ, dont par le baptême il est devenu le Corps, le baptisé aime le monde et rien du monde ne lui est étranger. Il en assume les réalités et, à sa mesure et selon ses compétences, il œuvre pour en faire une terre de liberté, de justice et de paix. Il sait d’avance qu’il ne sera pas toujours remercié, reconnu, qu’il sera même parfois rejeté, mais il persévère dans son amour et son engagement. Il arrivera peut-être que ses coreligionnaires le critiquent ou même le mettent « au placard », mais il continuera à aimer, à servir et à offrir. Il n’est pas plus grand que son maître le Christ. Il vivra en communion avec lui.

24 mai 2014

Dans l’amour du Christ, nous sommes tous et chacun des choisis. Il n’y a pas de « chouchous » qui soient plus aimés que d’autres. Tous, nous sommes « élus », respectés et aimés dans nos différentes personnalités. Certains ou certaines acceptent plus ou moins cet amour total et vertigineux disponible à tous. Il se peut aussi que certains ou certaines, lucidement, refusent d’être aimés et décident de camper hors de ce courant. La liberté peut parfois devenir tragique. Il y a aussi, c’est certain, plusieurs manières humaines de vivre cette intensité.

9 mai 2015

Tous les humains sont d’une certaine manière architectes du monde. Tant qu’ils marchent sur cette terre, ils la façonnent, l’utilisent, la respectent, l’admirent et ne la pillent pas. Ensemble, de tous les continents, ils s’entendent pour léguer à leurs héritiers un bien dont ils sont gestionnaires pour le temps de leur traversée. Parmi les humains et comme eux tous, les baptisés ont les mêmes devoirs solidaires, mais ils croient que leur vie terrestre n’est qu’un début et qu’avec le Christ ils ressusciteront. Ils croient qu’ils ne sont pas captifs du temps et de l’espace.

29 avril 2016

Le Christ nous dit qu’il ne nous appelle plus serviteurs mais amis. Pourquoi ? Parce qu’il nous fait connaître le secret d’amour qui l’unifie à son Père dans l’intimité de la relation trinitaire. Entre nous les humains, nous vivons aussi une relation analogue. Nous ne sommes plus entre nous des serviteurs, mêmes attentionnés, nous sommes des amis car nous nous sommes révélés les uns aux autres, au moins, par les valeurs humaines qui tissent notre solidarité. Les baptisés entre eux célèbrent la Parole qui cimente leur amitié. C’est leur secret. Ils aiment le communiquer car c’est leur joie.

20 mai 2017

La réciprocité de l’amitié délicate, distante, discrète, simple et débarrassée de toute possession, permet un élargissement constant. L’amitié déborde la dualité et ne laisse la place à aucune jalousie ou exclusivité. L’amitié s’élargit sans cesse et, d’une manière ou d’une autre, s’étend à beaucoup. Elle porte un fruit d’universalité. C’est ainsi que je comprends la parole de Jésus : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ». Il se peut que, dans un monde où tout s’achète, où tout se vend,  où tout doit rapporter ceci ou cela, où tout est affaire de « com’ », la gratuité soit suspecte et déclenche une certaine méfiance. Aimer parce que c’est une loi universelle, brouille parfois les cartes ! Les chrétiens sont étranges et comme tout le monde.

5 mai 2018

« Les gens vous traiteront comme moi puisque vous êtes mes amis ». Jésus nous prévient. Les gens ne diront pas de nous : « Ce ne sont que des serviteurs, laissons les tranquilles, ils ne sont pas responsables ». Non, nous sommes des amis du Seigneur et nous acceptons d’avance l’amitié ou le rejet que l’on nous portera. Il nous reste de ne pas être des insupportables et des désagréables frères humains car, dans ce cas, nous n’agirions pas selon l’amour trinitaire et il faudrait vite nous convertir pour ne pas être des épouvantails. La ‘bonté’ est une caractéristique des « invités » choisis pour l’invitation de tous.

25 mai 2019

Aujourd’hui encore, des chrétiens sont persécutés comme le Christ a été persécuté et mis à mort. Ce sont des témoins de l’absolu. La laïcité voudrait que cela n’existât pas et pourtant,  dans certains pays, c’est encore actuel. Sans en arriver à ces extrémités méchantes, il faut admettre que beaucoup de baptisés chrétiens qui pratiquent l’Évangile au jour le jour sont raillés et parfois peu admis. Cela veut signifier que leur paroles et leurs comportements dérangent. Ils sont pourtant humbles, modestes, bons… et laïques sans outrance religieuse.

16 mai 2020

Quoique pacifiques, les chrétiens comme le Christ dérangent. Ils cassent les habitudes et ouvrent à la « nouveauté ». Ils invitent hommes femmes à être des bons jardiniers et non pas des démiurges. Tout en gardant la raison et l’intelligence, il faut cultiver le monde, l’améliorer sans cesse et non le « refaire » à notre guise en le déshumanisant. Le progrès pour rendre la terre encore mieux habitable en société fait partie du génie humain. Il se peut parfois que les chercheurs se trompent de perspective. Pour nous garder de la démesure, la discussion éthique est indispensable. La philosophie et la théologie sont des sagesses utiles à notre époque. Elles nous protègent aussi des politiciens enivrés de ce qu’ils pensent être la modernité.

8 mai 2021

Aimer le monde et la Création entière ne consiste pas à les soumettre à nos caprices, mais à les fréquenter pour qu’ils s’imprègnent d’un humanisme grandeur nature ! Il faut vivre à l’aise dans le monde qui n’est pas un cachot dont il faudrait s’évader mais un lieu de Bien-Veillance. Certes, il n’est pas parfait. Il lui arrive de dérailler complètement et de persécuter la liberté de ses occupants. La grandeur du monde trouve son apogée lorsqu’il sait demander pardon et réparer aussi bien que possible ses errements.

Jésus, la vraie vie

12 mai 2012