Jean 7, 40-53

24 mars 2012

Les « Chefs des prêtres » et les « Pieux » se trompent. C’est bien de Galilée, carrefour des nations, que vient le Grand Prophète. Comme lui, les baptisés sont tous des Galiléens. Comme Pierre, ils en ont l’accent. Comme lui, ils sont sommés de se déclarer devant tous de la bande à Jésus.

16 mars 2013

Les gardes désobéissent. La Parole ne s’enchaîne pas, elle ouvre les yeux et les oreilles, elle ravit les cœurs. Partis pour arrêter Jésus, ils reviennent auprès des autorités comme des « témoins ». Ils ont découvert le Chemin. Les pharisiens empêtrés dans leur perfectionnisme les traitent d’égarés, alors que ce sont eux qui se perdent dans le maquis de la Loi. Nicodème qui a déjà dialogué avec Jésus a compris qu’il faut « écouter » pour être vrais et justes.

5 avril 2014

Les « gardes », sans doute des gens simples, loyaux, serviteurs du bien commun, ont reçu une consigne de leurs supérieurs : ils doivent arrêter Jésus car sa parole divise trop le peuple. Ces « gardes » habitués à l’obéissance désobéissent ! Stupeur ! Motif : Jésus. « Jamais homme n’a parlé comme cet homme ». Ce n’est en fait pas étonnant ; il est la Parole de Dieu prononcée en humain dans le langage de son temps, compréhensible par tout le monde. Ainsi le baptisé : il parle clair par son action et par ses mots au sein de la laïcité où il vit son engagement. Pour être fidèle, il désobéit parfois.

21 mars 2015

Les gardes, chargés de garder ce qui est immuable, ont transgressé la consigne. Bien que stipendiés du Temple, ils ont compris que l’on n’arrête pas la Parole. En conscience, ils peuvent désobéir à ceux qui sont empêtrés dans la loi. Parce qu’ils ont compris à l’intérieur d’eux-mêmes ‘qu’aucun homme ne peut parler comme cet homme,’ ils sont ‘libres’, les consignes ne les étouffent plus.

12 mars 2016

Dans la foule, à propos de Jésus, chacun y va de son commentaire. Rien ne peut enfermer le Christ et le réduire à des définitions. Son amour de l’homme va jusqu’à être l’interrogation suprême qui permet à chaque humain d’en chercher constamment la source mystérieuse. Cette quête de tous met sur le Chemin de l’Absolu qui est invitation à aller toujours plus loin. Les « gardes » du Temple enfreignent eux-mêmes la consigne. Ils ne mettent pas la main sur lui. Subjugués, ils ne peuvent l’arrêter. Ils le laissent aller !

1er avril 2017

Nicodème rappelle le droit. Il n’ose pas se prononcer publiquement en accord avec le prophète qui vient de Galilée. Présentement, il n’a pas franchi le pas de la « renaissance » auquel Jésus dans un entretien intime l’avait invité. Se démarquer tout à fait du groupe des chefs du peuple et des pharisiens, auquel il appartient, est encore trop pour lui. Après la mort de Jésus, il fait un pas de plus. Il rejoint Joseph d’Arimathie et apporte un mélange de myrrhe et d’aloès pour embaumer le corps de Jésus avant de le placer dans un tombeau neuf. Curieux personnage que ce Nicodème ! Il nous dit quelque chose des lenteurs de notre progression spirituelle de témoin de la foi. Il nous prêche l’humble patience avec nous-mêmes.

17 mars 2018

« La foule se divisa à cause lui ». Sur terre, tous les humains sont frères. La laïcité les unifient, mais ils ne sont pas tous chrétiens. Ils apprennent à parler entre eux. Parfois, dépassant les règles de la cordialité, ils s’affrontent ou, pire, ils se massacrent. Aveuglés par leurs passions, ils deviennent sectaires et se dressent les uns contre les autres. Au lieu de fraterniser, ils s’opposent. Triste spectacle ! Ce qui était vrai à Jérusalem au temps de Jésus l’est encore de nos jours et sera sans doute toujours, tellement les hommes des deux camps n’ont pas compris qu’ils étaient sur terre ensemble pour se respecter et s’écouter. Pourtant, les uns et les autres ont beaucoup à gagner de ne pas se diviser.

28 mars 2020

La foule se divisa à partir des paroles de Jésus. Les arguments volaient bas. Tout laisse à penser que plus les uns étaient séduits, plus les autres étaient hostiles. Deux sortes d’affectivité s’opposaient. Chamailleries. C’était et c’est encore comme ça. Pas d’écoute, pas de disponibilité. Nul ne peut se comprendre si l’on reste à la superficialité de la discussion. Si l’on veut s’entendre, il faut aller jusqu’au fond du cœur et « avouer » ses raisons profondes. Écouter autrui fonde le peuple à partir de la foule, généralement sourde. Dans notre époque, les lieux de paroles simples, accueillantes et vraies manquent.

20 mars 2021

Face à Jésus, la foule se divise. C’est pour moi un bon signe. Reconnaître Jésus n’est pas le fruit de l’enthousiasme ou de l’intérêt. La foi est don de Dieu et décision la plus vraie possible des humains. La foi est une ‘co-naissance’. Cela veut dire, à mon sens, une ‘naissance nouvelle’ qui « re-nouvelle-sans-cesse » et donne du sens à l’offrande de la vie quotidienne commune et personnelle. La foi n’arrache pas à la réalité sociale. Au contraire ! Elle y plonge par l’action, par l’engagement et par l’offrande de ses occupations. La foi génère plusieurs amours qui ne font qu’une : l’amour de Dieu, l’amour de soi, l’amour d’autrui. La foi est compatible avec des options syndicales, politiques, différentes, voire opposées. Elle inspire le respect et soutient le dialogue.