Sagesse 4, 7-15

« Même s’il meurt avant l’âge, le juste trouvera le repos. La dignité du vieillard ne tient pas au grand âge, elle ne se mesure pas au nombre des années. Pour l’homme la sagesse surpasse les cheveux blancs »

Le Sage est celui qui se tient le plus droit possible au carrefour de tous les vents qui font la Sagesse :

Dans ce tourbillon, le sage se situe, s’enracine, résiste, se protège, vacille, s’équilibre, se tient droit…
Dans le tourbillon humain, il invente la sagesse comme une plage de repos et de paix.
Dans ce tourbillon humain, Dieu le rejoint et le fait juste.

A ce carrefour de tous les vents, le baptisé ne se durcit pas. Il tient bon parce que le réalisme lui donne patience, souplesse et simplicité. Il sait créer de la Sagesse. A partir d’elle, il chemine vers Dieu avec tout un peuple. Il débat et affine sa visée sapientielle. Ses compromis ne sont pas des trahisons mais des « étapes » pour un rendez vous collectif.

A ce carrefour de tous les vents qui se croisent et parfois se contrarient, le baptisé porte un regard de foi sur l’homme qui ne peut échapper à toutes forces de la création qu’il a grand peine à maitriser. Il reconnaît en chacun et dans la société la Sagesse de l’humanité : trace de Dieu. Monte, en effet, de l’humanité une sagesse qui l’apparente au Seigneur dont il est l’image.

Le chemin qui va vers Dieu passe par l’homme, individu et société. Ausculter la sagesse humaine dans la prière et la contemplation nourrit l’intelligence, favorise le discernement, précise l’action pour une mise en œuvre courageuse.

Dieu n’a pas de Sagesse, mais donne à l’homme d’en créer et d’en faire un chemin de grandeur. Les hommes et les femmes pétris de Sagesse sont des compagnons ou des compagnes auprès desquels il fait bon vivre, respirer et inventer. Les Sages sont des « auberges » d’humanité où l’on s’attable avec plaisir pour se nourrir et préparer de prochaines courses qui ne s’accomplissent qu’avec le Christ pour guide.

Dieu révèle à l’Homme qu’il ne peut pas prétendre à être Dieu, mais qu’il peut devenir totalement un Sage si la contemplation de la grandeur de la création et de la nature humaine le situe dans l’ampleur d’un au-delà qui, tout en n’étant pas la foi en Dieu, l’arrache aux mesquineries et aux étroitesses de la quotidienneté.

J’ai tendance à croire que le Sage sur terre est une « réplique » de la vie Trinitaire. Le dialogue entre les amis de la Sagesse (les philosophes) et les amis de Dieu (les baptisés) est un sommet d’humanité.

Sagesse

2 novembre 2012