« La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon »
Le livre de la Sagesse diffère du livre de la Genèse dans son point de vue sur la mort. Elle n’est pas châtiment. Pour les écrits sapientiaux, la mort semble faire partie de la limite humaine. D’une certaine manière, elle apparaît comme normale et liée à la condition humaine. « Sa puissance n’est pas définitive, car la justice est immortelle ». Ce qui « sauve » l’homme de la mort, c’est la justice.
L’humain, ajusté à Dieu qui est le seul Juste, ne connaît pas l’anéantissement de la mort. Déjà pointe la notion de Résurrection que la foi en Jésus Ressuscité affirmera. Par contre, ce qui tue l’homme durant sa vie, ce qui l’empoisonne, le réduit, et même l’anéantit, c’est la Jalousie diabolique car elle disloque aussi bien les individus que la société.
Pour le livre de la Sagesse, la jalousie est le mal absolu : l’ennemi, l’adversaire, le diviseur des personnes, des peuples et des communautés. Il est certainement très difficile de ne pas porter en soi des traces de jalousie. Mais c’est de la mauvaise graine. C’est l’ivraie absolue qui pollue tous les champs de la création. Si on n’y prend pas garde, si on la laisse prendre racine en soi, il faudra qu’elle coexiste avec le blé de nos cœurs et de nos consciences. Bienheureux si la « mauvaise » herbe n’étouffe pas le froment
Se défier d’elle est fondamental si l’on veut simplement « être un humain épanoui ». La jalousie est le sentiment hostile que provoque la vue ou la supposition du bonheur d’autrui Elle craint le partage, désire posséder : « On crève de jalousie ».
La jalousie dévore soi-même et les autres. Elle est l’anti-paix, l’envers de la bienveillance. Elle sème la haine. Elle enferme à double tour dans l’amour propre. Elle suscite la discorde par le soupçon. Chez les héritiers, elle crée les procès et nourrit les haines. La jalousie se défie même de ceux que l’on croit aimer. Elle est l’anti-confiance.
Les baptisés n’échappent pas à ce poids de mort qu’est la jalousie. La lecture commune de la parole de Dieu et le commentaire qu’ils en font ensemble sont des remèdes adaptés pour enrayer cette grave maladie.
Je propose qu’une fois par an au moins, on lise et commente à plusieurs Matthieu 20, 1-16. Ce fongicide devrait amoindrir en nous les champignons vénéneux de la jalousie dévastatrice.
1 juillet 2012
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