« La méchanceté rend aveugles ceux qui disent du juste : sa présence nous pèse »
A part Jésus qui est sur terre le seul juste, tous les humains sont en chemin de justification et d’ajustement : ils ne sont pas des parfaits. Ce sont des imparfaits en voie de conversion. Ils sont signes et, de ce fait, ils sont appels par leur présence plus ou moins tordue qu’ils tentent plus ou moins efficacement de redresser.
Ceux et celles qui les discréditent, les fuient ou médisent d’eux, sont vraiment des aveugles de la foi car ils ne veulent ni voir ni entendre le message du seul juste qui ne leur parvient que par des imparfaits comme eux. Ils ne reçoivent de leurs frères et sœurs en humanité ou en assemblée chrétienne que des appels déformés. A eux et à elles d’avoir un œil qui sait voir et un cœur qui sait accueillir !
Nous sommes des « compagnies » d’imparfaits et notre présence aussi légère soit-elle ne peut que peser un jour ou l’autre. Mais c’est à ce rendez vous d’humanité que la grâce agit, donne sa lumière et porte des fruits. Le baptisé sait reconnaître l’ivraie du bon grain, mais grandit dans le même champ. Il ne trie pas et « fait » avec.
Le disciple de Jésus n’écarte pas et collabore avec ceux ou avec celles dont la présence lui pèse. Une communauté est un rassemblement d’imparfaits qui devient un signe du ciel parce que des imparfaits sur terre s’aiment entre eux et s’efforcent de faire la vérité ensemble pour se convertir ensemble.
C’est parce que les chrétiens, quoique imparfaits, s’aiment entre eux qu’ils sont signe ensemble : l’amour est plus fort que tout. Ils rappellent par leurs pratiques différentes et parfois opposées qu’ils sont frères « universels », se respectent, se conjuguent et s’aiment, même s’ils grincent des dents.
Qu’ils souffrent des défauts des uns des autres, c’est évident. C’est même le mystère de la crucifixion de Jésus. Il subit dans sa chair les outrages et les vilenies de ceux qui le mettent en croix.
Il faut aussi le reconnaître, l’avouer, s’amender… La jalousie nous oppresse parfois et les évidentes qualités des autres nous agressent parce qu’elles sont un appel à changer nos pratiques et nos pensées. Oui, parfois les autres nous pèsent parce que nous les jalousons. Nous les critiquons pour subtilement les mettre à notre niveau, car bien souvent ils nous dépassent.
23 mars 2012
Article précédent
Sagesse 1, 1-7
Article suivant
Sagesse 2, 23-24