1 Rois 21, 17-29

« Elie se leva et alla trouver Acab et lui dit de la part du Seigneur : ‘Tu as commis un meurtre et maintenant tu prends possession’ »

Messager de la vérité et du pardon, Elie se leva et alla trouver le Roi qui ne l’aimait guère pour dire la vérité. Par amour du Seigneur, du Roi, du Peuple, de la Justice, il ose, malgré les risques, faire cette démarche. Prophète, il ne finasse pas, il va droit à l’essentiel. Acab a suivi les mauvais conseils. Il a prêté sa force au mensonge pour, par caprice, dépouiller Naboth et le laisser lapider.

C’est trop, il faut parler, un pauvre est spolié, les mauvais conseillers règnent. Les paroles sont sévères parce que, sans doute, difficiles à prononcer et puis il y a un tel manque d’amour, une telle disproportion : tuer pour une babiole, mépriser un subordonné. Posséder parce qu’on est puissant et que l’enflure du pouvoir a dévoré la justice.

Acab entend. Il quitte ses habit de puissance, il redevient humain. Il entre en pénitence, il fait le chemin inverse de son péché. Jour et nuit, il s’impose privation et austérité. Il abandonne la promptitude du caprice pour reprendre la lenteur du cheminement honnête. Il s’humilie.

Dieu pardonne.

Ainsi, en son temps, Elie le prophète fut le messager de la vérité. Ainsi le baptisé-prophète, aujourd’hui, dans une autre culture, avec la douceur évangélique de Jésus, ose reprendre seul à seul son frère ou sa sœur en humanité pour favoriser sa conversion et lui rendre le son de la joie et de la fête.

La pénitence n’est pas une affliction, mais la joie de retrouver sur terre un chemin d’amour, de justice, de paix.

Jésus apprend aux baptisés-prophètes la vraie pénitence, pas seulement celle qui prend le risque de dénoncer ce qui est tordu, mais celle qui habite les cœurs pour suivre l’itinéraire de conversion avec tous les imparfaits.

Paille et poutre

Rois

19 juin 2012