« Si tu demandes le discernement, si tu appelles l’intelligence, si tu la recherches comme l’argent, si tu la creuses comme un chercheur de trésor, tu comprendras la crainte du Seigneur »
Si l’Homme, homme, femme, se situe bien dans son domaine,s’il ne se prend par pour Dieu,s’il est humble quémandeur face au Seigneur de Gloire,s’il va avec précaution et simplicité jusqu’au fond de son propre mystère et de ses propres questions,s’il laisse monter de ses profondeurs personnelles la Sagesse et va à la rencontre du trésor humain,
alors,dans cet effort d’investigation a sa juste mesure, sans orgueil, juste pour découvrir le trésor enfoui de sa nature et rendre gloire à Dieu de ce qu’il a reçu, il rencontre la « crainte du Seigneur », c’est-à-dire la grandeur de Celui qui le crée sans cesse à sa resemblance.
Mais pour cela quel travail, quel labeur, quelle austérité, quelle ténacité !
Il faudra qu’il développe son intelligence, qu’il la déploie, la charpente, la confronte à celle des autres.
Il faudra qu’il soit tour à tour disciple et enseignant.
Il faudra qu’il lise, écrive, réfléchisse, ose consulter sa raison et toucher à ses propres limites.
Il faudra qu’il communique avec d’autres et confronte avec eux et elles son point de vue.
Il faudra qu’il accepte de modifier son propre savoir pour faire une place au savoir des autres.
Il faudra qu’il recherche et reconnaisse l’intelligence comme un bien au moins aussi précieux que l’argent. Comme il ne pourra pas « tout faire », il faudra qu’il donne une place importante à la culture de son intelligence et qu’il renonce à d’autres occupations pourtant agréables et souvent bien légitimes. Sa recherche n’est pas une prime au psittacisme, mais à l’originalité de ce qu’il est lui-même. Il ne suffit pas qu’il répète ce que d’autres ont trouvé.
Il faudra qu’il forge sa propre pensée et la livre comme un bien commun. Il ne peut pas être riche que pour lui. L’aumône de sa pensée est identique à celle de son argent.
Il faudra qu’il « creuse ». Creuser fait « suer » ; c’est un travail de force qui n’est pas réservé qu’aux « manuels ». Chacun doit aller au plus profond de lui-même, quelque soit son filon aurifère, et vaincre les résistances qui s’offrent à lui ou à elle. Zim Boum, Tra-là-là ne suffit pas. Il faut travailler et prendre de la peine.
Bref, chacun aura compris que l’investigation de ses richesses au plus profond de ses capacités, leur récolte et que leur partage au sein de la société est un chemin obligé pour tous ceux et celles qui veulent se rendre disponibles à la rencontre du Seigneur.
11 juillet 2012
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Proverbes 3, 27-34