« Je sais, moi, que mon libérateur est vivant et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout et, de mes yeux de chair, je verrai Dieu et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas »
Rien de pire que ceux et celles qui vous submergent de conseils et, de surcroit, pensent à votre place et vous disent ce qu’il aurait fallu faire ou ce qu’il faudrait faire. Ce ne sont qu’en apparence des amis. Aussi faux que de la fausse monnaie, on pourrait dire d’eux qu’ils sont des « plâtriers de mensonges ». Loin de consoler ou d’apaiser, leur présence irrite et détourne de la réalité à laquelle on est confronté et dans laquelle on est comme englué.
Les « vrais amis » sont des vivants. En eux, ils portent la contagion de la liberté et transmettent une dynamique de libération.
Les « vrais amis » durent. Leur fidélité qui ne pèse pas allège le poids de la fatalité et du malheur.
Les « vrais amis » restent debout. Pleins de force, ils l’offrent avec délicatesse. Leur discrétion les rend toniques.
Les « vrais amis » redoutent la mort pour eux-mêmes, mais ils ont les mots pour en parler et inviter à y faire face.
Les « vrais amis » respectent notre être charnel et savent que la souffrance lancinante occupe à plein temps.
Les « vrais amis » croisent leur regard avec le nôtre. Leurs yeux sont lumière, promesse, affection.
Les « vrais amis » ne se détournent pas de nous, ni de notre plainte, ni de nos gémissements, ni de notre révolte.
Les vrais amis nous rejoignent jusque dans notre misère. Ils la portent, la partagent. Ils ne la diminuent sans doute pas, mais ils sont en nous présence consolante qui se tient au plus près de notre solitude inatteignable. Ils sont tout proches, ils aiment et respectent. Avec cœur, ils font leur possible.
Job aurait aimé de « vrais amis ». Job découvre que Dieu est son ami, qu’il est présent, mais qu’il est impuissant à empêcher une créature d’être une créature…
Dieu n’a que son amour à offrir aux hommes. C’est ce qu’il a fait en s’incarnant en Jésus-Christ.
4 octobre 2012
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