Jérémie 26, 1-9

« Et quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir ! »

Ecouter la parole de Dieu, l’accueillir, en vivre, l’expliciter devant d’autres, n’est pas une sinécure.

Tenir ce rôle, même avec douceur, même avec délicatesse, attire parfois bien des ennuis.

C’est bien connu. Les prophètes sont souvent maltraités, non pas par les méchants ou par les ennemis de Dieu, mais par le peuple des croyants et leurs prêtres. Virulent ou pas, le prophète dérange.

En parlant de Dieu, il laisse percevoir au peuple et aux prêtres qu’ils se sont éloignés du Seigneur de l’Alliance.

En parlant de la fidélité de Dieu, il laisse percevoir l’infidélité du peuple et des prêtres.

Nul, naturellement, n’aime se découvrir pécheur.

Jean le Baptiste en a fait les frais.

Jésus, pourtant la douceur même, l’ami des pauvres et du peuple, en a fait les frais.

Beaucoup d’homme et de femmes qui plaident pour la grandeur et la dignité de l’homme en font les frais.

Beaucoup de baptisés, hommes ou femmes, qui désiraient plus de justice, plus de paix, plus de concertation, plus de fraternité, plus de vérité, plus d’humanité au sein des Eglises chrétiennes, en ont fait les frais.

Ces hommes et ces femmes de la foi qui n’ont pas tous été formés à la diplomatie ne regrettent pas leur franc parler. C’était leur manière de servir la justice et la vérité. Ils ont aimé, ils ont bousculé l’inertie par leurs actions, leurs paroles, leurs écrits. Ils ont été martyrs, parce qu’ils ont été témoins. En grec, c’est le même mot.

Dieu aime tellement son peuple qu’il demande à certains ou a certaines d’être des « confessants ». Les hommes ou les femmes qui acceptent cette mission sont essentiels au peuple. L’Esprit de Dieu les soutient et les guide.

Généralement, ils sont peu nombreux. Quelques-uns et quelques-unes suffisent. Parce qu’ils s’aiment entre eux, s’entraident pour être fidèles à l’Evangile et en vivre le mieux qu’ils peuvent dans les ambigüités des conjonctures terrestres, ils sont « remarquables ». Ils ne sont pas parfaits, mais ils sont crédibles car ils ou elles vivent ensemble du « pardon » de Dieu. Leur simplicité fait le reste.

Jérémie

3 août 2012