Jérémie 23, 1-6

« Ainsi parle le Seigneur. Je rassemblerai moi-même le « reste » de mes brebis de tous les pays où je les ai dispersées. Je les ramènerai dans leurs pâturages »

Bien sûr Jérémie « prophétise » pour son temps. Il parle des événements de son époque. Il situe l’action du Seigneur dans l’histoire contemporaine d’il y a environ vingt-six siècles. Il évoque ce qui préoccupe ceux qui sont proches de lui. Mais nous, aujourd’hui, nous relisons ses paroles comme un message qui dépasse les jours et les siècles.

Les « brebis » du Seigneur ont beaucoup de mal à rester dans un seul troupeau. Elles sont portées à être individualistes et fantaisistes. Pourtant, rien ne manque dans les prés d’herbes fraîches où elles vivent en commun.

Les jeunes agneaux après avoir profité de la sagesse maternelle ont tendance à trouver radoteuses les vieilles brebis. Mais l’herbe d’à côté semble toujours meilleure, plus appétissante.

Les faux bergers jouent souvent une musique qui contribue à l’éclatement de l’unité. Les loups ravisseurs dispersent depuis toujours le troupeau pour croquer une à une les brebis. Bref, pour bien des raisons, le troupeau est toujours en train de se disperser. Ainsi va l’Histoire.

Mais Jésus, le « vrai bon Pasteur » a fait comprendre aux brebis de Dieu que la communion n’était pas forcément de vivre en tas dans un seul enclos, limité à un petit territoire placé sous la responsabilité d’un pasteur qui gère une ferme bien agencée et sécurisée.

Jésus s’est livré et a offert sa vie pour désenclaver le troupeau d’un territoire balisé par décret.

Il est mort et ressuscité pour être aussi bien à Emmaüs, qu’au Cénacle ou sur la montagne de l’Ascension

Il a donné son Esprit pour que la communion soit celle des cœurs, de la volonté du pardon mutuel, de la fraternité, du chant de louange et du partage en plein vent.

Il a promis d’être « présent » au milieu de ceux qui se rassemblent en son nom et ne trichent pas soit dans l’interprétation de l’Ecriture soit dans leur présence au monde relue dans la foi.

Jésus, le Christ de Dieu, a légué aux humains la liberté de Dieu et son Unité.

Jésus, le Christ de Dieu appelle ses disciples, les baptisés qui confessent leur foi, à être par lui avec lui, et en lui les sources permanentes d’unité et de communion. Il  fait confiance au troupeau pour qu’il s’organise selon l’Aujourd’hui et garde au sein des évolutions culturelles l’autonomie, la liberté, la fraternité.

Non pas pour qu’ils en fassent n’importe quoi mais qu’ils en vivent selon l’histoire de leur époque et de ce fait qu’ils inventent les moyens souples qui sauvegardent unité spirituelle et communion réelle en restant présent à l’évolution culturelle de leur époque.

Les brebis, dit-on, se concertent et parlent non pas une langue morte mais un langage inspiré par les valeurs vécues ensemble. Si c’est vrai et si elles vivent en commun de Jésus Christ, alors elles connaîtront le bonheur léger et intense de la communion et de l’autonomie.

Jérémie

22 juillet 2012