« J’entendis la voix du Seigneur qui disait : ‘Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ?’ Et moi j’ai répondu : ‘Moi, Je serai ton messager : envoie-moi’ »
Mystérieuse voix du Seigneur que certains, hommes ou femmes, entendent car, dans la crainte, ils osent se tenir debout dans le temple enfumé et ébranlé qu’ils sont eux-mêmes. C’est là, en eux-mêmes, dans leur conscience vive, que, stupéfaits d’être aimés, ils perçoivent de loin la majesté de Dieu. Heureusement que des serviteurs, les « anges » de la miséricorde, « les ardents de Dieu », s’approchent d’eux et leur proposent le feu brûlant du pardon du Seigneur.
Purifiés de tout ce qui est inutile et encombre les lèvres et les oreilles, certains, hommes et femmes, comme Isaïe, entendent l’appel à être des messagers de l’incommensurable. Etonnés de la confiance sans mesure que le Seigneur leur porte, émus par tant d’amour, certains, hommes ou femmes, offrent avec joie leur disponibilité pour être messagers à plein temps dans un contrat à durée indéterminée : « Envoie-moi, je te le propose librement et avec enthousiasme ».
Ils ne réclament même pas la feuille de route, ni combien ils seront payés, ni qui se chargera de leur formation. Ils osent. Ils partent et inventent en marchant. A la confiance du Seigneur qui cherche certains hommes et femmes pour être « notre » messager, ils répondent par la confiance. Ils ont raison : la confiance réciproque inaugure la fidélité qui, elle-même, trouve tant bien que mal, durablement et chaque jour, les moyens pour accomplir ce que l’amour lui dicte.
Je ne sais pas bien si ces certains, hommes et femmes ont bien compris la teneur du pluriel qu’emploie celui qui parle de « notre » message. Pour mon compte, ce « notre » reste mystérieux…
Dans le fond, peu importe, certains hommes et femmes, découvriront en marchant la conjugaison plurielle.
J’ai tendance à croire que, depuis Jésus et les débuts de l’Eglise chrétienne, tous les baptisés entendent cet appel et que dans leur liberté à un moment ou à un autre, qu’ils soient mariés ou célibataires, évêques, prêtres, laïques ou religieux, religieuses, ils ont à choisir et à dire : « Envoie-moi, je suis disponible pour aller sous ton regard ».
Ce que je crois, c’est que tous les baptisés en Christ forment un peuple de prophètes, de prêtres et de roi et qu’ils sont toujours singuliers et pluriels pour être « porteurs » de notre message au sein du monde.
14 juillet 2012
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