Isaïe 53, 10-11


« Parce qu’il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes. Il se chargera de leurs péchés »

Le Juste, celui qui est en tension entre Terre et Ciel,
Le Juste, celui qui est ajusté à Dieu et à l’homme,
Le Juste, celui qui vit à plein cette double solidarité,
Le Juste, celui qui est ambassadeur de Dieu et ambassadeur des Hommes,
Le Juste, celui qui est porteur à la fois de la miséricorde divine et de l’offrande humaine,
Le Juste, c’est-à-dire Jésus, semence de l’Esprit qui a pris corps humain dans le temps et l’Espace.

Les justes, c’est-à-dire les baptisés qui sont greffés en Christ et enracinés en terre, sont intimement mêlés au mystère de Dieu et au mystère de l’Homme : homme-femme.
Ni le Christ, ni les baptisés n’échappent à la souffrance humaine et à la mortalité. Ils ne les recherchent pas mais, par nature, c’est leur lot. Ils ne les fuient pas, ils les affrontent, ils les portent grâce à la solidarité et à l’offrande…

Le Christ et le baptisé sont des « serviteurs souffrants ». L’un et l’autre assument le poids de la réalité terrestre… Dans le « paquet humain », il y a entre autres choses : la souffrance et la mort. Jésus de Nazareth, Christ de Dieu, et le baptisé, ne trient pas. Ils prennent tout le mystère de l’homme dans tous ses aspects. Ils sont les Justes souffrants qui traversent la souffrance. C’est leur manière de la dominer et de vivre la Pâque.

De l’intérieur du drame humain, ils l’ouvrent à l’Espérance de la Résurrection.
A l’intérieur du temps, ils sont les témoins de l’Eternité.
Ils sont les Justes, signes pour la multitude.

En attendant le sommet de la mort-résurrection, dans le temps qui s’écoule,

Le Christ seul est le Juste.
Le baptisé de tous les temps est un « juste-justifié » par la grâce.

Isaïe

21 octobre 2010