Isaïe 10, 5-16

« Malheur à l’Assyrien, l’instrument de mon indignation… Mais lui ne l’entend pas ainsi… Ce qu’il veut, c’est détruire… Il se dit comme un dieu qui a détrôné des rois… »

Il faut bien l’admettre avec Isaïe, Dieu s’est trompé dans ses calculs pédagogiques. Il voulait « corriger son peuple et le ramener dans le droit chemin qui conduit à son cœur ». Le Seigneur demande à l’Assyrien de manier la trique et voila que l’Assyrien se prend pour Dieu lui-même, se met à son compte, n’est plus un « instrument –médiateur » mais un pillard qui fait main basse et pille pour dominer à son profit. L’Assyrien en arrive donc à se croire le maître absolu et à ramasser les « œufs abandonnés ». Et ce qui est la plus abominable des dépravations, il s’en glorifie !

Cet événement, relu par le prophète Isaïe, raconte une histoire qui dure depuis que les humains sont les humains. Dès qu’ils ont du pouvoir, ils se prennent pour Dieu et veulent tout dominer et tout diriger. Cette histoire raconte que le dessein de Dieu ne se réalise qu’à travers des médiateurs libres qui peuvent totalement pervertir la mission qu’ils ont reçue. Cette histoire raconte que ce n’est que dans la relecture spirituelle que l’on discerne à travers la réalité des faits la parabole de l’amour providentiel du Seigneur, constant en amour.

Cette histoire de l’Assyrien qui berne Dieu est pleine d’enseignement. Ce qui se passe aujourd’hui dans une certaine désolation des Eglises chrétiennes est sans doute un signe, un appel à revenir au fondement même de la foi et à purifier religions et sagesses de tout ce qu’elles peuvent avoir accumulé en elles de mauvais penchants.

Notre temps appelle une conversion. Dieu nous fait signe. Mettons à leur vraie place médiateur, médiations et instruments. C’est au Dieu de Jésus Christ que les Eglise chrétiennes doivent revenir. Il y a certainement un dépoussiérage à faire pour que brille la lumière de l’Evangile.

Isaïe

18 juillet 2012