Isaïe 1, 11-17

« Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’oppresseur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve ! »

Isaïe ouvre quatre perspectives pour semer le « bien » sur terre. Certes, il y en a peut-être encore plus. Mais il faut bien admettre que celles qu’il propose ouvrent un large horizon et dégagent dans les tortillons du temps une voie large et droite pour les relations entre humains.

La justice. N’est pas seulement celle des tribunaux où siègent des juges intègres et droits. C’est aussi le désir que les humains deviennent une société de Justes qui se respectent et s’accueillent les uns les autres. Ils ont à répudier sans cesse la convoitise et la jalousie qui minent la relation. De plus, la justice demande à chaque personne et à chaque groupe de promouvoir personnes et groupes selon ce que chacun porte en lui-même. La justice est une société du don maximum de chacun pour tous. Dans la justice, chacun possède pour donner librement à tous ce que son cœur et son intelligence lui suggèrent de partager. La justice est la véritable aumône dans tous les domaines. Elle est la fête de l’offrande pour la réussite commune. Grandeur de la justice qui ressemble au cœur de Dieu

Pas d’oppressions de toutes sortes. La liberté est fondamentale pour aimer et donner. Nul n’a le droit de restreindre et d’oppresser si ce n’est ceux et celles qui veulent nuire et écraser les autres. Lutter contre l’oppresseur demande engagement, discernement, courage, persévérance. L’oppresseur n’est parfois personne d’autre que soi-même. Chacun a vu des personnes se réduire elles-mêmes en esclavage. L’oppresseur est un tyran qu’il opère dans un domaine civil, religieux, social, économique, médiatique… Il faut aussi se méfier des « oppresseurs » qui disent vous vouloir du bien. Attention aux loups ravisseurs déguisés en faux frères ou en mauvais amis !

L’orphelin n’a plus ses parents pour le conseiller. Il y un devoir de transmission. Et il y a sans doute plusieurs formes de jeunes orphelins. Comme il y a plusieurs manières de mourir au devoir de l’éducation de ses propres enfants. Eduquer c’est permettre

La veuve est sans protection. C’était vrai du temps d’Isaïe. Maintenant, on ne voit plus tout à fait de cette façon. Mais demeurent ceux et celles qui, pour une raison ou pour un autres » sont « seuls et n’ont personne pour les protéger, les défendre, les accompagner dans la détresse. Dans une société de vitesse, beaucoup restent abandonnés parce qu’ils ne parviennent pas à suivre. Il n’y a pas seulement les démunis d’argent, de culture, de célérité. Il y a aussi les « perdus de l’existence » qui ont besoin d’une présence pour retrouver une autonomie et mettre en œuvre les potentialités qu’ils portent en eux.

Dans le sillage prophétique d’Isaïe, les baptisés sont dans la société moderne ceux et celles qui ont à lutter pour la justice, la liberté, la protection sociale, le droit à la transmission. L’amour de Dieu sans l’engagement pour une société de plus en plus solidaire sonne faux.

Isaïe

7 juillet 2012