Ezéchiel 36, 23-28

« J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit »

En quelques mots, Ezéchiel dit l’essentiel du retournement humain de celui ou de celles qui accueille le Dieu-qui-vient. La conversion est un don du Seigneur offert à tous les humains. D’une manière ou d’une autre, à chacun parvient cette proposition.

Bienheureux ceux et celles auxquels des frères et des sœurs en humanité transmettent en clair cette offre de la part de Dieu. Ils « entendent » que Dieu les aime et désire les associer à sa propre vie de relation, de don, d’offrande et d’amour.

S’ils le désirent, ils acquiescent et prennent le chemin du Christ qui, dans les contradictions de la vie quotidienne, mène vers Dieu. Pour eux, un pèlerinage accidenté et risqué commence. Ils entrent dans la rencontre des autres pèlerins de l’Absolu.

Chaque jour, ils découvrent que leur cœur change, que leur visée s’affirme, que leurs pas deviennent plus assurés, que leur liberté s’accroît. Croire en Dieu, loin de les détourner des contingences du temps, les aide à les mieux assumer, à les mieux vivre. Ils sont de plus en plus humains, de plus en plus souples, de plus en plus tendres, de plus en plus hospitaliers. Leur cœur de chair bat selon l’amour de Dieu auquel ils aspirent. Ils inventent leur vie dans le temps dans un colloque avec Dieu. Ils ne sont pas assurés de tout comprendre et encore moins d’être parfaits. Leurs limites ne les écrasent pas. Ils sont sobrement de leur temps. Ils assument leur histoire.

Leurs rigidités s’amenuisent, leurs idées toutes faites sont progressivement remplacées par un discernement laborieux. Ils s’entraînent à s’ajuster aux réalités de la vie humaine. Le pardon concrétise leur amour.

Leurs points d’honneur sont grignotés par l’humilité. Ils apprennent à n’être que ce qu’ils sont, mais d’une manière nouvelle. L’Esprit de Dieu les rend intelligents pour juger sans passion et sans idéologie aveugle. Point d’illusion, point de déception, ils vont tranquilles leur « bon-homme » de chemin.

Les meilleures communautés chrétiennes sont celles où, dans la discrétion, chacun et chacune peuvent laisser percevoir comment l’Esprit du Seigneur les a saisis, rendus témoins, en transformant leur vie. L’histoire voilée des baptisés, sans détails intimes mais habillés de nuées, est une prédication réciproque qui prépare l’action de grâce commune. Pour nous les disciples du Christ, le cheminement dans la laïcité a toujours des reflets d’éternité.

Ezéchiel

23 août 2012