« Apparaissait un rayonnement. C’était le reflet de la gloire du Seigneur. En voyant cela, je tombai la face contre terre »
C’est à un moment très précis, gravé dans la mémoire, inscrit dans la chair. C’est un jour du temps. C’est dans un lieu précis qu’Ezéchiel voit un phénomène étrange.
Une chose banale comme un orage dévient pour lui un signe. A travers de l’ordinaire, il perçoit de l’extraordinaire : la somptuosité de Dieu. Il entend, il voit, il est projeté dans un au-delà de lui. Dans ce qui se passe dans les nuages et les éclairs, il découvre l’invisible qui est en lui
Le ciel irradié et bouleversé lui découvre la lumière qui est en lui, qui est lui et pas lui.
Monte de sa mémoire l’Arc-en-Ciel de l’Alliance noachique. Mais ce n’est pas seulement un souvenir de ce qui s’est passé jadis. Aujourd’hui, c’est lui qui est concerné. Dieu se révèle à lui et lui propose une alliance personnelle. L’orage est en lui. Dieu se reflète en lui. La majesté du Seigneur rejoint sa personne. L’événement extérieur devient avènement intérieur. Il tombe de sa hauteur. Il prend sa juste position de terrien.
Non ! Il n’est pas Dieu qui est le tout autre. Mais Dieu le visite, lui, cinq ans après la déportation à Babylone. Lui, le prêtre en pays chaldéen au bord du fleuve Kobar. Tout est très précis, mais tout déborde le temps. Dieu s’adresse à lui, le fragile, le fils d’homme.
La gloire de Dieu le « ravit » et en même temps le plonge la face contre terre. Prêtre, il devient prophète. Le Seigneur le met à l’épreuve pour en faire un guetteur. La main de Dieu est sur lui. Le Seigneur lui donne la main. Lui, lui donne son cœur. Il converse ensemble dans le monde des symboles : celui de l’amour
Cette histoire n’est pas si extraordinaire qu’elle en a l’air. Avec d’autres mots, dans une autre culture, c’est l’histoire de la conversion qui est un grand moment d’alliance et de réciprocité entre Dieu et l’Homme. Dans chacune de nos vies existe un événement-avènement.
13 août 2012
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Ezéchiel 2, 2-5