Ecclésiaste 3, 1-11

« Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme et pourtant celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite, du début jusqu’à la fin »

L’Homme est un être du temps.
Il commence, il dure, il meurt.
Il ne vit qu’un « temps ».
Il pense, il discerne, il choisit, il agit dans le temps et selon le temps.
Durant sa vie terrestre, il ne se réfère à Dieu que dans ses catégories temporelles d’humain.
Quand il parle de Dieu, quand il le prie, même lorsqu’il l’adore, il ne le voit que dans le prisme du temps.

L’homme est de « son » temps.
Avec les autres humains, il fait une histoire temporelle.
Sa culture est temporelle ; elle varie dans le temps.
Sa religion est temporelle, marquée de l’éphémère ; elle évolue dans la précarité et l’imperfection.
Le rapport avec l’Eternité de Dieu ne se réalise pour les humains qu’à travers les mutations et les sinuosités du temps.

Chacun sait que les humains ne sont pas Dieu.
Chacun sait que leur grandeur est d’accomplir, dans la mouvance terrestre, tous les progrès qu’ils peuvent et que leur génie invente.
Ils appartiennent à l’humus et « leur état est l’humilité ».
L’orgueil raconté par le mythe de Babel consiste à souligner que, par leurs propres forces et leurs seuls gigantesques efforts, les humains n’atteignent pas Dieu pour partager sa nature.

Les chrétiens croient que Dieu a pris l’initiative d’amour et de bonté de se faire homme en Jésus. Il s’est Incarné.
Christ a habité le temps. Il a révélé par sa Vie, sa Mort, sa Résurrection que le temps est ouvert et qu’il débouche en Dieu.
Il a dit qu’il est le Chemin de Vérité et de Vie, homme et Dieu, et que par Lui l’humanité entière et la création aboutiront dans une relation intime, définitive, au-delà du temps, avec le Dieu unique.
Jésus a « montré » par son action, par sa Parole, par son Offrande, par son Amour total de ses contemporains que la vie Humaine est déjà un pèlerinage vers « un repos » dans la relation divine avec la Trinité et tous les humains.

Depuis Jésus qui assume toute l’histoire précédente du peuple de Dieu et de tous les humains, les chrétiens désirent, malgré leurs imperfections, être des « Signes » que le monde temps et de l’Eternité de sont pas incompatibles. Au fil des jours, ils s’efforcent de se convertir pour que, dans le monde, leur vie personnelle et leurs institutions imparfaites soient des sortes de « sacrements » qui font penser que le temps et l’Eternité peuvent s’ajuster dans et par le Christ.

Ecclésiaste

28 septembre 2012