Deutéronome 18, 15-20

« Le Seigneur fera lever un prophète »

Le Seigneur connaît les humains et il les aime. Il sait que son peuple a beaucoup de peine à rester unifié et qu’il a tendance à oublier les bienfaits dont il a été l’objet. Le peuple est ainsi fait qu’il supporte mal la liberté et peine à vivre la constance.

Yawweh, par amour, est sans illusion. Ce serait mieux que le peuple puise en lui-même la force de se conduire. Mais il n’en est pas là. Il faut que « quelqu’un » marche au pas du peuple, voit loin, rappelle, encourage. Dieu le choisit dans le peuple, le donne. Le peuple l’accueille et le « reconnaît ».

Malheur au peuple s’il ne respecte pas le prophète « donné et reconnu » et s’il le vilipende !
Malheur au prophète s’il ne reste pas l’intime du Seigneur et se met à son propre compte !
Malheur au prophète s’il oublie qu’il est l’homme-du-peuple !
Malheur au prophète s’il ne devient pas de jour en jour, peuple avec le peuple !

Ainsi en est-il de la pauvreté humaine. Elle a besoin de quelqu’un choisi au milieu de tous pour être un « signe » pour tous. Il donnera la Parole à tous, fera surgir le sens inscrit au cœur de tous, rappellera à temps et à contre-temps ce que le peuple a délibérément choisi. Il ne comptera pas sa peine. Fidèle à sa mission, Il ira jusqu’au bout de l’offrande de lui-même. Dieu et le Peuple sont son unique Passion. Il n’est pas chef, il est Visage du peuple.

Deutéronome

29 janvier 2012