Amos 2, 6-16

« Ils vendent le juste pour de l’argent. Dans le Temple de leur Dieu, ils boivent le vin de ceux qu’ils ont frappé d’amende »

La fureur de Dieu semble à son comble.
Amos le prophète ne fait pas dans la dentelle. Ses paroles sont virulentes.
Quand Dieu voit les pauvres méprisés, il entre en colère et devient père fouettard.
C’est pour lui insupportable de constater que son peuple se dévoie.

A vue humaine, ce n’est pas étonnant que Dieu soit irrité.
Comment se fait-il que la bonté de Dieu pour son peuple soit bafouée à ce point ?
Comment se fait-il que les bienfaits semés en abondance deviennent en surabondance de la malfaisance ?
Comment se fait-il que la liberté offerte devienne l’oppression ?
Cela ne sert donc à rien que de chérir et de donner ?

Amos le bouillant prête à Dieu ses propres sentiments.
Dieu heureusement est infiniment plus doux que lui.
C’est par le don d’amour qu’il veut retourner le cœur de ses « alliés » humains.

Amos ne sait pas encore que Dieu n’est pas comptable et qu’il ne se situe pas dans le donnant-donnant.
Il aime, il est juste, il libère, il guérit, il pardonne. Il ne tient pas compte des iniquités.
Il n’intervient pas en direct pour supprimer le mal et l’ingratitude.
Il continue d’aimer et ne cesse de faire comprendre que la seule véritable conversion vers l’amour et la confiance suscite la grandeur et la liberté humaines.

Amos est magnifique parce qu’il aime les pauvres et ne supporte pas l’injustice et il a raison.
Quand les temps seront venus, Jésus aussi portera en son cœur des sentiments analogues à ceux du prophète farouche mais il prendra un tout autre chemin, à savoir celui de :

Les baptisés, comme Amos le prophète, dénoncent l’écrasement des pauvres. Mais, comme Jésus, don de Dieu, ils s’enfouissent pour germer avec lui dans une présence efficace. Ils vivent de leur mieux selon le souffle de l’Esprit dans l’histoire présente de leur enracinement.

Les baptisés inventent en eux et autour d’eux ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui, seuls et avec la multitude, pour accroître et généraliser les relations de liberté, de confiance et d’amour. C’est ainsi qu’ils sont des grains de Résurrection semés dans le monde pour le profit de la création entière.

Amos

2 juillet 2012