Dans notre jargon humain, la meilleure expression pour parler de Dieu, c’est d’affirmer qu’il est Amour. Il est donc Fidélité et Liberté. Fidélité de toujours à toujours. Liberté : don suprême, il offre la liberté. En lui, aucune contrainte. Il est. En Jésus de Nazareth, la Trinité s’est incarnée. Parce que Dieu s’est fait homme, il a pour nous un visage, un amour, une offrande… et une Résurrection. La mort est un Passage immédiat à son Éternité.
Je tenais à résumer en quelques lignes ma foi, avant d’aborder mon thème d’aujourd’hui Subir, parce qu’à mon sens, il a un lien avec la foi chrétienne.
Subir est d’abord pour moi un manque de liberté. Quelqu’un (ou une idéologie) me fait marcher sous son joug, me réduit à l’état d’esclave. Je le supporte. Je pâtis
Il me courbe et me met à genoux. En termes populaires : « je trinque, j’encaisse, je déguste ou j’écope ». Mais à l’intérieur de moi, « Je » n’est pas mort. ‘Je’ me rends compte de ce que ‘je’ subis.
Trois solutions s’offrent à moi.
La première. Je me laisse écraser et conduire où je ne veux pas aller. J’accepte de perdre ma liberté, j’endure en me sous-mettant au risque de devenir un ‘objet’ pour mon maître qui abuse de ma faiblesse.
La deuxième solution. La colère gronde en moi. Je ne me laisserai pas faire. J’attends l’occasion pour déclencher la contre-offensive et me redresser de ma courbure. Je prends le risque de la violence pour lutter contre la violence qui me « réduit ».
La troisième solution est un sommet d’humanité et de liberté. Je veux rester là où « je » peux soutenir ceux et celles qui, comme moi, subissent la contrainte et la vivent avec moi. Je pense aux déportés qui, à Buchenwald ou en d’autres camps, sont restés ‘solidaires’ (alors qu’ils ou qu’elles avaient d’autre solution de type individualiste) pour soutenir leurs compagnons ou leur compagnes de misère.
Dans toutes les circonstances où l’on subit une folle contrainte, ce sont la liberté et l’amour qui sauvent et moi et les autres.
11 janvier 2021
Article précédent
Guérir, fruit d’une sagesse humaine
Article suivant
Le ridicule