Paix

Ce matin, je ne désire pas évoquer la paix qui s’inscrit dans un traité. Elle est grande et belle, car enfin des humains cessent la guerre. Ils se sont tués par millions avant de parvenir à un accord ou un compromis qui sauvegarde tant bien que mal des rapports non belliqueux.

Je désire ‘aujourd’hui’ ne contempler que « le climat » de paix qui peut et doit sans doute résider dans des consciences, des cœurs d’hommes ou de femmes « de bonne volonté ».

Dans la complexité des sentiments contradictoires qui ourlent l’histoire accidentée de chacun et de chacune, une paix intime, heureuse et fragile, trouve sa place et engendre un repos intérieur, celui d’où germe la grandeur paisible de l’amour, de l’offrande, de la joie et du bonheur.

Paix et concorde avec soi-même dansent ensemble. Il faut d’abord s’aimer soi-même, se supporter avec humour et humilité pour jouir  de la rencontre d’autrui. En ce lieu, se glissent l’accueil, la simplicité, la bonne humeur des pèlerins de la Vérité. Ici, la ‘sérénité’ progresse et marche en compagnie avec le calme, la quiétude. Pas d’excitation, ni de débordement excessif. Allégresse et harmonie se concertent, se reconnaissent comme indispensables l’une à l’autre. Malgré quelques intempéries, un coup de vent par exemple, la paix est une ambiance pour l’épanouissement de chacun et de chacune.

La paix n’est pas une abdication de la rudesse de tout tempérament. Sa source se trouve dans « la bonté et le pardon ». La paix s’acquiert mais ne se perd jamais totalement. Troublée, elle renaît de ses cendres encore plus belle et plus forte, avec un visage nouveau.

La paix trouve sa vitesse de croisière dans le don, l’aban-don et le par-don. Ce sont ces points-boussoles qui fixent son cap et traversent les tempêtes. Elle arrive toujours au « bon » port.

La paix est un trajet de solitude et de rencontre. Le destin n’existe que dans sa liberté. Rien ne s’impose, tout s’accueille, tout se transforme selon son désir bien guidé dans le temps et l’espace.

La paix n’existe jamais dans le caprice, elle est trop bien « élevée » pour y céder. C’est un climat tempéré de demi-saison, de printemps et d’automne, faits de fleurs et de lumière douce.