Après cinq jours de détention par les Brigades Rouges, Aldo Morro aurait été tué !
Cette histoire horrible a ébranlé la démocratie italienne. Il semble bien, en effet, que de l’autre côté des Alpes nos voisins aient perdu non seulement les pédales, mais le guidon avec !
Mais n’ironisons pas trop !
En France, Henri Curiel vient d’être assassiné ! Ceux qui l’ont tué avaient, dit-on, beaucoup de méthodes : une balle dans le ventre, une autre dans le cœur et la troisième dans la tête. Ce ne sont pas des apprentis, mais des techniciens.
Tout cela se fait, paraît-il, sous le nom d’un groupe Delta. Est-ce vrai ? Est-ce de l’intox ? S’agit-il des premiers frémissements des tentatives de terrorisme, en France ?
On peut être inquiet. Après l’Allemagne, l’Italie. Pourquoi pas la France ?
S’agit-il d’un coup monté contre les démocraties ? Est-ce pour cela que, chez nous actuellement, partis politiques et syndicats font trêve ?
On laisse entendre que, saisissant les dangers d’un fascisme de gauche ou de droite, les organisations démocratiques, ne veulent non seulement plus prêter le flanc à leur zizanie réciproque, mais aussi organiser une certaine entente pour éviter que la démocratie ne soit agressée et défaille.
Dans mes chroniques, j’avais déjà fait allusion à cette crainte. Aujourd’hui, elle m’assaille à nouveau ; je garde l’œil ouvert !
Je ne peux m’empêcher de repenser à la montée du nazisme en Allemagne, vers les années 1934, 1935, 1936, le temps où Dietrich Bonhoeffer, devant l’avachissement de son peuple et l’affaissement de son Eglise, avait fondé l’Eglise confessante et le modeste centre de Fickenwald.
6 mai 1978
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