9. Encore « Autrement »

A la fin de mon mandat parisien, je rentre à Lyon comme port d’attache et rejoins l’équipe de la Direction des Œuvres à plein temps.

Je n’ai jamais bien su pourquoi, mais je suis nommé aumônier diocésain du Secours catholique. Je découvre le « caritatif » dans l’Église catholique : ses grandeurs et ses limites. J’entre en relation avec son fondateur, l’abbé Jean Rhodain : un génie de la ‘prospective’. Nous nous rencontrerons plusieurs fois tant à Paris qu’à Lourdes. A Lyon, j’applaudis au changement du siège qui quitte les pentes de la Croix Rousse pour aller plus au ‘large’ dans le troisième arrondissement.

Je continue mon ministère auprès des milieux sanitaires et sociaux. Nous découvrons que le monde de la Santé est un ensemble complexe et qu’une « Pastorale de la Santé » conviendrait mieux qu’un mouvement d’Action Catholique. Il faudra plusieurs années avant que cette orientation devienne une réalité en France et à Lyon.

L’évêque Jean Villot est choisi pour être ‘coadjuteur’ du Cardinal Gerlier qui avance en âge. Notre confiance réciproque prépare mon avenir. Il est appelé à Rome pour tenir une fonction d’une grande importance dans le déroulement du Concile Vatican II voulu par le pape Jean XXIII. Il reviendra à Lyon peu avant la mort du Cardinal Gerlier. Il devient alors Archevêque et Cardinal.

Je n’ai jamais bien su pourquoi, sans doute sous l’influence de mon ami Gabriel Matagrin, Jean Villot me propose de devenir Secrétaire de la Pastorale de la ville et du diocèse. Je crois n’avoir jamais exercé véritablement ce ministère. Je l’ai amplement réfléchi et j’ai beaucoup écrit sur la Pastorale de la ville. Rapidement, je me suis rendu compte que les « filons urbains » allaient tenir un rôle important et minimiseraient la fonction paroissiale d’ordre géographique. La ville est un « ensemble » où les habitants peuvent choisir leurs relations, leurs amitiés, leurs solidarités, et les mettre en œuvre. On ne peut projeter sur la ville l’image de la paroisse rurale qui relève de la proximité territoriale.

Au bout de deux ans, le Cardinal Villot part au Vatican. Il y tiendra un ministère de plus en plus important, jusqu’à celui de ‘Secrétaire d’État’ jusqu’alors réservé à un Italien….

Tout dans mon ministère se chevauche, il m’est très difficile, soixante ans après, de déterminer des dates précises… Ce fut. Mais il ne m’en reste que la stupeur de la joie. Pourquoi moi ?