Matthieu 5, 38-42

18 juin 2012

En étant plus attentif et en donnant plus à celui que l’on aime moins, on accomplit l’Evangile. Je crois que la grâce inclinant notre volonté déborde nos sentiments péjoratifs, et l’on se met à le découvrir sous un autre aspect. Sorte de miracle mais aussi démarche difficile dans les premiers pas.

17 juin 2013

Aimez ceux que l’on n’aime pas en faisant réussir en eux tout ce qui peut augmenter la liberté des personnes et du peuple et ainsi contribuer sur terre à la Gloire de Dieu ! Faire vis-à-vis de ceux ou de celles que l’on supporte mal acte de dépouillement. En « rajouter » à leurs demandes est un exercice nécessaire à la conversion personnelle. La confiance qu’on leur porte s’inspire de la gratuité de l’Incarnation. Christ n’a pas « trié ». Pourvu que chacun donne sa pleine mesure !

16 juin 2014

Il vaut mieux passer pour un benêt qui se fait berner par les malins que d’être un vindicatif, hargneux, méchant, rendant coup sur coup et même rajoutant horions aux horions. Il nous faut veiller à ne pas de transformer la société en terrain de luttes intestines où chacun se défend et attaque. La paix trouve ses racines dans la justice et le pardon. Il vaut encore mieux subir des chicaneries mineures sans broncher que d’entrer en lutte armée. Bonté et douceur sont des armes forgées pour la victoire dans les relations journalières. Tout faire pour susciter la concorde qui est ajustement des cœurs et renoncement à avoir raison à tout prix. Ce n’est pas une faiblesse que d’abandonner ses points d’honneur.

15 juin 2015

Rancune et rancœur tourmentent parfois la conscience humaine,et amènent à faire du mal à ceux ou celles qui nous ont malmenés. Quelquefois, nous désirons oublier et nous passons l’éponge. C’est un progrès, mais ce n’est pas le pardon. Il nous faut aller non seulement jusqu’à vouloir du bien, mais jusqu’à à faire du bien et promouvoir ceux ou celles qui nous ont blessés. Le Pardon à autrui et à nous-mêmes est un don de Dieu. Une sorte de miracle.

13 juin 2016

Litiges et chamailleries, voire rancunes sourdes, sont inévitables dans une humanité faillible et tracassière. Mais pourquoi buter désespérément contre ces obstacles en les transformant en montagnes infranchissables ? Il suffit de dépasser le « point d’honneur », de faire le premier pas, et de préparer les gestes et cadeaux de la réconciliation. La brouille n’est pas en fait insurmontable. L’autre avec lequel je suis fâché désire seulement « emprunter » ma présence conciliante. Pourquoi me détourner de lui ?

19 juin 2017

Dans mon pays, jadis, la rumeur publique, à tort ou à raison, disait de quelqu’un qui avait réputation de ladrerie : « Il n’est pas ‘donnant’ ». Vivre au fil des jours en donnant avec simplicité et intelligence, son temps, son accueil, son pardon, son argent, était un sommet d’humanité. Et même les incroyants y reconnaissaient un signe de « l’au-delà » du commun des mortels et les désignaient comme des « bienfaiteurs ». Ceux et celles qui donnent avec constance et sourire, sans quêter la reconnaissance, créent autour d’eux des zones de haute altitude où l’air est revigorant. Ils ne sont peut-être pas chrétiens, mais les baptisés feraient bien de prendre modèle sur eux pour devenir comme eux. Ils sont à leur insu des messagers de Dieu.

18 juin 2018

« A qui veut t’emprunter ne tourne pas le dos ». Il ne s’agit pas seulement de l’argent, mais de tout ce que la vie humaine peut comporter de bon. Laisse-toi approcher et offre à ceux et celles qui vivent près de toi, les qualités profanes et spirituelles que tu possèdes ! Tu as reçu gratuitement, donne gratuitement ! Ne te détourne pas de ceux et celles qui désirent partager avec toi les aspects aimables de ta personnalité ! Tu vivras l’évangile. La solitude naturelle de ta vie singulière ne te sera plus un fardeau.

17 juin 2019

Ce qui était juste, vrai, pédagogique dans l’Ancienne Alliance, n’est plus suffisant… Jésus la Nouvelle Alliance ouvre des temps qui peuvent parcourir les siècles sans vieillir. Ils laissent découvrir l’infini du pardon et de l’amour. Ils s’adapteront à tous les temps et à toutes les Cultures. Ceux et celles qui vivront de l’Esprit-Saint mettront sans cesse à Jour la meilleure manière d’accomplir sur terre la dynamique de la Résurrection.

15 jun 2020

La douceur est une vertu cardinale. Le ‘doux’ ne tient jamais compte de l’agressivité d’autrui à son endroit. Il regrette ce comportement déréglé, pardonne du fond du cœur à son auteur, offre non seulement le pardon mais cherche la réconciliation avec l’agresseur. Par amour pour un frère humain, il ne ressasse pas, calme son émoi pour retrouver la paix et la bonté. Ce comportement qui rend libre se trouve en tout humain. Mais il est une « obligation » pour le chrétien qui prie avec Jésus en croix : il aime jusqu’au bout de son pèlerinage terrestre.

14 juin 2021

Que ce soit pour écouter, parler, rendre service, la disponibilité vis-à-vis d’autrui est une des clefs de la mission évangélique. Je crois que la disponibilité est une des formes de l’altérité reconnue, de la réciprocité vécue et de la confiance distinguée. Là où il n’y a pas de disponibilité, il n’y a pas d’amour. Comme complément à la disponibilité, je vois la présence souriante entière qui illumine le visage. Trop sont de faux disponibles. Pour des raisons diverses, ils sont trop pressés et ne sont là que pour accomplir une tâche et repartir bien vite.