Matthieu 5, 27-32

14 juin 2013

Christ, Parole de Dieu, nous invite, si nous voulons être ses amis, à tenir Parole. Si l’on s’engage envers quelqu’un, si on lui donne sa parole, si on fait librement Alliance avec lui ou avec elle, on prend un engagement fondamental scellé par une promesse gravée dans le cœur. Il se peut que ce « contrat » devienne caduc. Le rompre est une affaire que l’on ne peut pas prendre à la légère. Cela ne peut se faire que par le choix d’un amour encore plus grand, d’une liberté encore plus forte, d’une loyauté encore plus profonde, d’un service de la société et de l’Eglise encore plus vrai. Pour un baptisé, c’est une décision personnelle discutée dans la discrétion face au Verbe de Dieu.

13 juin 2014

Nul ne peut réduire à soi quelqu’un d’autre. Je ne peux posséder une personne. On peut s’offrir l’un à l’autre dans la liberté de l’amitié ou de la conjugalité. Je ne peux pas « dévorer » l’autre, m’en nourrir à son insu par un regard possessif, ou parce que je l’ai réduit en esclavage par la force ou la séduction. Mon regard, ma présence, ma parole, mon attitude, sont promotion d’autrui et non sa réduction. Je suis responsable de l’autre. Ma grandeur est de le rendre différent dans son altérité et non de l’assimiler.

10 juin 2016

La vie de communion avec le Ressuscité et l’accueil constant de son Esprit créent en nous beaucoup plus qu’un savoir et même beaucoup plus que des règles morales, si opportunes soient elles. Notre marche à la suite du Christ suscite en nous une finesse du cœur et une mentalité de pèlerin : à notre pas, nous avançons vers la délicatesse des sentiments et nous nous débarrassons progressivement tout ce qui peut nous détourner du but que nous nous sommes fixés par amour. Cette avancée laborieuse s’appelle la fidélité. Elle porte des fruits savoureux que nous n’avions même pas osé imaginer.

16 juin 2017

Il est évident que la parole donnée en toute liberté engage durablement toute la personne qui la prononce par amour profond. La duplicité et le reniement de soi-même sont une catastrophe qui dépasse l’individu et gangrène toute la société. Plus moyen de vivre ensemble, si tout devient fluctuant, si les pactes les plus vrais s’empoussièrent au point de se bloquer avant d’éclater. Jésus demande la monogamie et les précautions de comportement qui la préservent. Le Mariage est une Alliance dont on aurait grand tort de mésestimer l’importance fondatrice de l’épanouissement des personnes. Il est certain aussi que, dans un monde où il faut prendre en compte faiblesse, imperfection, changement de contexte culturel, nouveau rapport au temps, brassage de civilisation…, il faut à la fois garder la visée spirituelle et ne pas juger et, encore moins, condamner. Reste que, pour les baptisés confessants, le mariage devant la communauté ecclésiale est un sacrement, non seulement signe pour les époux et les fidèles, mais aussi pour la multitude.

15 juin 2018

« Pensée et action. Unité de conscience pour se déterminer ». Ce texte est difficile à interpréter. Sa radicalité effraye. Son exigence ne correspond pas à la tendresse de Dieu manifestée dans l’Incarnation. Je crois pourtant que ces versets invitent chacun à faire le plus possible l’unité et la cohérence en son for intérieur entre pensée et action, d’une part, et entre conscience et détermination pratique ou concrète, d’autre part. Tout au long de sa vie, l’être humain est appelé à réfléchir et à choisir ce qui lui semble honnêtement le meilleur. Pour un baptisé confessant, la parole échangée, la prière et l’appel à la force de l’Eprit Saint, suscitent une paix intérieure favorable à la détermination journalière selon l’Evangile.

14 juin 2019

La base de tout amour est la fidélité à la parole donnée librement et en toute connaissance de cause. Cela est vrai pour toutes les sortes de promesses. Cette obligation est à la base de toute vie sociale et de l’honneur de celui ou de celle qui engage sa bonne foi. On pourrait encore ajouter que, si l’engagement est public, il prend une dimension solennelle. On ne peut bafouer les témoins sans que ceux-ci protestent et rappellent à l’ordre le parjure. C’est très important et capital de bien réfléchir dans la paix avant de donner « sa » parole. Pour un baptisé chrétien, cela s’apparente à Dieu qui a donné en Jésus « Sa Parole ».

12 juin 2020

« Mieux vaut ». Terrible conscience humaine qui conduit à discerner et à choisir en toute liberté. Toute vie humaine est tissée de décisions fidèles et honnêtes. Les humains sont conviés à vivre au vent, tantôt tempête, tantôt zéphyr. Ils sont nés pour le ‘Grand Air’. Tout ce qui les enferme finit par les étouffer. En fait, ils ne sont pleinement eux-mêmes que dans la liberté. Mais elle vaut cher. Il ‘vaut mieux’ ne pas la perdre en se laissant conduire. L’esclavage est vite là, que ce soient l’extrême pouvoir, l’argent abondant, le lucre jouisseur ou tant d’autres choses qui sont, pour finir, les fossoyeurs de la liberté. Jésus nous dit : « Mieux vaut ». L’Esprit vous donnera la force de choisir, il ne choisira pas à votre place.